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EN MEMOIRE D'ALICE MILLER

Alice Miller est décédée le 14 avril 2010, à l'âge de 87 ans. L’apport de son œuvre à ses lecteurs ainsi qu’à la cause des enfants et de l’humanité est incommensurable.

Lire l'article : En mémoire d'Alice Miller

C'est pour ton bien !, un livre majeur dont vous pouvez lire un extrait : Existe-t-il une "pédagogie blanche"?

Alice Miller - Abus et maltraitance de l'enfant : un site incontournable sur la violence éducative

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Rwanda : de la violence sur les enfants aux génocides

Le gouvernement français et son armée semblent avoir joué au Rwanda, avant et pendant le génocide, un rôle pour le moins douteux dans la terrible tragédie qu'a vécue ce pays. On ne peut que souhaiter, comme le demande l'association Survie, la levée du secret défense sur le véritable rôle de la France au Rwanda.

Néanmoins, en tant qu'Observatoire de la violence éducative ordinaire, il nous semble indispensable, à l'occasion du 20ème anniversaire du génocide dans ce pays, de rappeler que les méthodes d'éducation violentes sont un facteur déterminant dans les explosions de violence collective. Et il est d'autant plus nécessaire de le rappeler que le rôle de ce facteur est systématiquement ignoré par les chercheurs qui étudient les génocides.

Ainsi, dans Le Monde du 4 avril 2014, un débat sur le thème « Comment devient-on bourreau ? » réunissait Jean Hatzfeld, auteur de plusieurs livres sur le génocide du Rwanda, Jacques Sémelin, auteur d'un important ouvrage, Purifier et détruire (Seuil, 2005), sur les massacres et les génocides, et Rithy Panh, auteur de documentaires sur le génocide cambodgien. Or, comme d'habitude, au cours de ce débat, aucun des trois intervenants n'a mentionné que si l'Allemagne pré-nazie, le Cambodge et le Rwanda sont trois pays on ne peut plus différents, un point commun les unit : la pratique dans les familles et dans les écoles d'une méthode d'éducation particulièrement autoritaire et violente.

Dans l'Allemagne pré-nazie, les méthodes préconisées par le docteur Schreber (1808-1861), qui s'ajoutaient à la discipline prussienne et visaient à se rendre « maître de l'enfant pour toujours », avaient eu un immense succès. Ses livres ont connu quarante éditions. D'autre part, contrairement à ce qui s'était passé en France, les châtiments corporels ont été maintenus dans les écoles allemandes au moins jusqu'à la Première Guerre mondiale. Au Cambodge, l'éducation traditionnelle bouddhiste est d'une extrême sévérité. « Bastonnades, humiliations, coups de poing et de pied sont monnaie courante », écrit Véronique Chalmet dans le chapitre sur Pol Pot de son livre L'Enfance des dictateurs (Prisma, 2013). Quant au Rwanda, on y frappe les bébés dès le plus jeune âge pour obtenir qu'ils soient « propres » le plus tôt possible. La bastonnade à la « chicote » y est couramment pratiquée tout au long de l'enfance et de l'adolescence, non pas par des parents maltraitants, mais par des parents qui veulent le bien de leurs enfants et qui leur appliquent les méthodes au moyen desquelles leurs propres parents les ont éduqués.

Ce dressage par la violence, auquel très peu d'enfants échappent, a de multiples effets qui tous, en cas de crise collective (conflit social, conflit ethnique, guerre civile, guerre internationale), favorisent le déclenchement et l'accomplissement de génocides.

En effet, les corps et les esprits ont été habitués dès la petite enfance à un niveau très élevé de violence sur autrui. Les gestes violents du fort au faible, du bourreau à la victime, ils les ont enregistrés depuis leur plus tendre enfance quand ils étaient battus par un adulte deux fois plus grand qu'eux, et considérés comme normaux. D'autre part, le blindage intérieur que les enfants doivent mettre en place pour supporter la souffrance des coups les amène à se couper de leurs propres émotions et à ne plus ressentir celles des autres. Une fois réduite leur capacité d'empathie, ils peuvent blesser et tuer sans états d'âme. Il ne faut pas s'étonner que des individus ainsi conditionnés et qui ont appris très tôt que la violence pouvait être un bien (« Je te frappe pour ton bien ! ») puissent devenir les agents dociles des pires meneurs et des pires propagandes. Ils ont pris dès l'enfance le pli de se soumettre non pas à leur conscience ni même à la loi, mais à la violence et aux leaders violents comme ils se soumettaient à l'autorité des parents et des maîtres. Parce qu'ils ont été dressés à obéir à des stimulations extérieures  (les injonctions, les coups) au lieu d’apprendre à agir librement, leur capacité de jugement individuel et d'esprit critique n'a pas pu se former, ce qui rend leur esprit perméable aux pires aberrations et aux appels au meurtre.

Bien sûr, spontanément, on trouve disproportionné le rapport entre les punitions corporelles reçues par les enfants et la violence meurtrière qu'ils peuvent déployer plus tard, une fois devenus adultes. Mais de multiples études ont montré que ce rapport existe bien. Dans le cerveau en voie de construction de l'enfant, les connections entre les neurones s'effectuent de manière différente selon que l'enfant est respecté ou dressé par la violence. Le cerveau est façonné, sculpté, par l'éducation reçue, et si rien n'est venu la remettre en question, l'homme adulte reste profondément marqué par la méthode d'éducation qu'il a subie durant les années capitales de l'enfance et de l'adolescence. En temps ordinaire, la violence subie dans l'enfance ressurgit à l'âge adulte sous la forme de violence sur les enfants, de violence conjugale, de violence interpersonnelle, de délinquance ou de criminalité. Mais en période de crise, où les pires cruautés paraissent justifiées par les circonstances et les idéologies, c'est sous la forme de tortures, de massacres, de persécutions, de génocides qu'elle refait surface. Ce n'est pas la crise, le conflit qui sont provoqués par la violence éducative, mais bien la violence, souvent démesurée, avec laquelle on croit pouvoir les résoudre. Certains, bien sûr, échappent à cette reproduction de ce qu'ils ont subi, le plus souvent parce qu'ils ont eu l'occasion de le remettre en question, mais la majorité des enfants pensent, une fois devenus adultes, que si on ne les avait pas battus, ils seraient devenus délinquants ou criminels.

Dès 1932, dans son « Discours à l'Office international de l'éducation », à Genève, publié dans L'Education et la paix (Desclée de Brouwer, 1996), Maria Montessori, qui a vu naître le fascisme en Italie, avait analysé les conséquences de la violence infligée aux enfants, qu'elle appelait la « guerre incessante qui assaille l'enfant dès le jour de sa naissance ». Parmi ces conséquences, elle énumérait :
- la dissimulation, « dans le but de se conformer aux attentes de l'adulte qui étouffent [l'enfant] » ;
- « une attitude irréfléchie de respect, presque d'idolâtrie chez les adultes, paralysés face aux dirigeants publics qui en viennent à être considérés comme des substituts du père et de l'éducateur » ;
- le fait de « rester étrangers à [eux-mêmes] pour toujours », d'ignorer « leur nature propre » et enfin de devenir des êtres profondément « isolés les uns des autres », « comme les grains de sable du désert » et qui, « même lorsqu'ils se massent, restent solitaires ». « La moindre brise », alors « peut les emporter ».

On peut imaginer ce qu'il en est quand il ne s'agit pas d'une « brise », mais d'une véritable tempête de propagande meurtrière comme celle qu'a fait souffler la Radio des Mille Collines sur tout le Rwanda.

Quelques années avant le génocide, une animatrice d’une association qui a séjourné dans diverses régions du Rwanda au milieu de la population a particulièrement étudié le maternage et l’éducation donnée aux enfants. Elle a constaté que les mères, qui portent leur bébé sur leur dos, parvenaient à obtenir des enfants « propres » à l’âge de quelques semaines en les frappant dès qu’ils se salissaient. « Au bout de quelques fessées, l’enfant qui a envie de faire pipi pleure à l’avance, car il sait qu’il va recevoir une correction. Quand la mère l’entend pleurer, elle l’enlève de son pagne et le fait uriner. » Et elle ajoutait : « Cette éducation où les parents sont gagnants et les enfants perdants, donne des enfants très disciplinés et obéissants, mais aussi passifs et perdus dès qu’ils sont hors de leur habituel cadre de vie. En grandissant, ces enfants deviennent des adultes relativement soumis, passifs et fatalistes. »

Françoise Dolto, dans son livre La Difficulté de vivre, huit ans avant le génocide du Rwanda, a analysé les effets d'une telle éducation à la propreté, en montrant que « l’enfant, qui n’a pas le système nerveux terminé, ne peut pas retenir ses excréments avant au moins dix-neuf mois pour les filles et vingt-deux mois pour les garçons... S’il le fait, ce n’est qu’en se greffant sur l’humeur de sa mère, en déniant son être de nature. [...] L’enfant ainsi contrarié, dérythmé, [...] ne saura jamais ce qu’il veut faire [...]. Il aura toujours besoin d’une loi extérieure, d’appels et d’injonctions extérieures, pour lui dire ce qu’il doit faire. Car il a commencé dans la vie par ne rien savoir de lui-même : c’est sa mère qui savait pour lui. [...] Les enfants élevés ainsi, nous les voyons essayer de se coller dans des groupes quand ils sont jeunes : dans un groupe porteur dont ils ne sont qu’un petit élément, comme un enfant dans les bras d’un géant adulte. Alors là, ils savent ce qu’ils veulent : ils veulent comme la troupe. Et l’école ne cherche pas à changer cette éducation de départ : elle ne cherche pas à ce que chacun pense comme il veut. Il faut savoir, penser, dire la même chose. » (La Difficulté de vivre, pp 173-174).

Or, l’un des faits principaux qui ressort du livre de Jean Hatzfeld sur le génocide du Rwanda, Une saison de machettes (Seuil, 2003), compte-rendu des interviews d’un groupe de tueurs, c’est que l’obéissance et le grégarisme ont été les principaux ressorts des tueurs, au moins autant que la haine des Hutus pour les Tutsis, elle-même reçue des parents dans la petite enfance. On pourrait multiplier les citations qui font écho au texte de Françoise Dolto : « On obéissait de tous côtés et on s’en trouvait satisfaits [...]. Je reconnais mon obéissance de cette époque [...]. Tuer, c’est très décourageant si tu dois prendre toi-même la décision de le faire, même un animal. Mais si tu dois obéir à des consignes des autorités, si tu as été convenablement sensibilisé, si tu te sens poussé et tiré [...] tu te sens apaisé et rasséréné. Tu y vas sans plus de gêne [...]. Quand tu as été sensibilisé comme il faut par les radios et les conseils, tu obéis plus facilement même si l’ordre est de tuer tes avoisinants [...]. Il nous fallait donc d’abord obéir aux chefs. » « Nous avons été éduqués à l’obéissance absolue. » (P. 210.) « Quand le génocide nous est arrivé par surprise de Kigali, je n’ai pas reculé d’un pas. J’ai pensé : Si les autorités ont opté pour ce choix, il n’y a pas de raison de tergiverser [...]. Celui que la fuite ne poussait pas vers la lâcheté était tiré vers sa machette par obéissance. » (P. 215.). Jean Hatzfeld insiste aussi sur « la puissance du conformisme social en période de crise » (p. 272). « Dans le brouhaha des tueries, la mise à l’écart n’est pas vivable pour une personne [...]. Être seul est trop risquant chez nous. Donc la personne s’élance au signal et prend sa contribution, même si la contrepartie est le sanglant ouvrage que vous connaissez. » (P. 275.) « Quand tout le monde a commencé à sortir la machette en même temps, j’ai fait pareil sans m’attarder. » (P. 282-3.)

Comment peut-on ne pas tenir compte de cette convergence entre les propos des tueurs et les analyses de Maria Montessori, Françoise Dolto et, à plus forte raison, Alice Miller qui a montré mieux que personne, notamment dans C'est pour ton bien (Aubier, 1981), les rapports entre violences subies dans l'enfance et violences commises à l'adolescence et à l'âge adulte ?

J'ai écrit, il y a quelques années, à Jacques Sémelin et à Jean Hatzfeld pour leur exposer cette réponse à la question : « Comment devient-on bourreau ? » Le premier, qui pourtant retenait comme explication plausible les « fantasmes destructeurs de la petite enfance », autrement dit l'explication de Mélanie Klein qui fait retomber la responsabilité de la violence sur l'enfant, s'était dit « troublé » par mon explication, mais n'a fait aucune allusion dans le débat à la responsabilité possible de la violence éducative. Jean Hatzfeld, lui, m'a répondu que les tueurs qu'il a interrogés n'avaient pas l'air d'avoir été maltraités. Et il est effectivement très probable qu'aucun des tueurs qu'il a interrogés ne pensait avoir été maltraité. Ils ont sans doute tous été élevés de façon « normale » et « pour leur bien », par de bons parents qui croyaient bien faire en les battant. Jamais ils n'auraient pensé et dit que leurs parents les avaient maltraités, même si Jean Hatzfeld le leur avait demandé.

Rappelons qu'en France, jusqu'à la fin du XIXe siècle environ, on trouvait aussi tout à fait normal d'élever les enfants à coups de bâton et de ceinture. Résultat : le moindre conflit social ou politique pouvait dégénérer en massacre (cf. le nombre de morts à l'occasion des révolutions de 1830 et 1848, de la Commune et même des émeutes lors des funérailles du général Lamarque en juin 1832, ou de la révolte des Canuts en avril 1834 : chaque fois, des centaines ou des milliers de morts).

Quand donc ceux qui font l'opinion en France accepteront-ils de reconnaître que la manière dont les enfants sont éduqués dès le plus jeune âge joue un rôle capital dans les comportements individuels et collectifs des adolescents et des adultes ? Et qu'on ne peut rien comprendre aux faits de l'histoire des sociétés si l'on ne prête pas attention à la manière dont les enfants y sont élevés ?

Par Olivier Maurel

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A lire également :
- la critique par Olivier Maurel du livre de Harald Welzer Les Exécuteurs, Des hommes normaux aux meurtriers de masse ;
- les entretiens d’Alice Miller sur l’enfance et la politique : La destructivité et Le sadisme.


A propos de la condamnation d'un père à Limoges pour avoir fessé son fils

Vendredi 11 octobre, au tribunal correctionnel de Limoges, un père a été condamné à 500€ d'amende avec sursis pour avoir donné une fessée "cul nu" à son fils de 9 ans. Ce père a déclaré que depuis plusieurs jours son fils ne lui disait plus bonjour et que, lorsqu'il lui a demandé la raison de ce refus, l'enfant lui a répondu qu'il n'en avait pas envie. "Je lui ai dit qu'il me devait le respect et, oui, je lui ai donné une fessée.". Le père a ajouté qu'il "subissait la mode actuelle qui veut qu'on ne corrige pas ses enfants".

La présidente Estelle Lamotte-Genet a répondu que ce n'était pas une question de mode. La fessée "est une violence, doublée d'un acte humiliant pour l'enfant qui, à 9 ans, se retrouve les fesses à l'air pour se faire frapper." Et le vice-procureur Jean-Paul Lescat a commenté : "Heureusement nous n'en sommes plus au temps où parents et éducateurs infligeaient des punitions physiques".

Jusqu'à présent les tribunaux français ne manifestaient pas une telle sévérité à l'égard des parents. Est-ce l'âge du garçon en question (9 ans), le fait que la fessée ait été donnée directement sur les fesses et non à travers les vêtements, ou encore le terme de "mode" employé par le père pour qualifier la tendance encore bien minoritaire à vouloir interdire la fessée ? Il serait intéressant de connaître la vraie motivation de ce jugement.

Peut-être la juge avait-elle présent à l'esprit l'article 222-13 du code pénal qui déclare que "tout acte de violence commis sur un mineur de 15 ans, même s'il n'a entraîné aucune incapacité totale de travail, est puni d'une peine de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende."

Mais cet article est inapplicable aux fessées, et c'est heureux vu la disproportion des peines qui ne peuvent s'appliquer qu'à des cas de maltraitance reconnue comme telle, avec blessure, voire décès de la victime. D'ailleurs la peine infligée dans ce cas (amende avec sursis et somme assez symbolique accordée à la mère qui avait porté plainte) est sans commune mesure avec celles que mentionne l'article 222-13.

Ceci dit, même si on peut douter que cette peine ait quelques chances de faire réfléchir l'inculpé, l’OVEO se félicite d’une telle décision qui a une grande importance symbolique et constitue une première en France.

Cette décision de justice est sans doute à replacer dans un contexte où notre pays fait l’objet d’une procédure de «réclamation» initiée par une ONG devant le Comité européen des droits sociaux, pour ne pas avoir interdit toute forme de punition corporelle infligée aux enfants comme elle aurait dû le faire en tant que signataire de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Nous espérons que cette décision de justice pourra faire jurisprudence et servir de tremplin pour qu’enfin une loi d’interdiction de toute violence éducative soit promulguée en France.

Olivier Maurel,
président de l'OVEO.


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Suite à la mort d'une fillette, Fiona, des coups de son beau-père, la plainte envers la France au niveau européen pour ne pas avoir interdit toute forme de punition corporelle infligée aux enfants et la condamnation d'un père à Limoges à une amende pour avoir fessé son fils, il y a une floraison d'articles et d'émissions au sujet des fessées et d'une éventuelle loi d'interdiction.
Nous avons pris le parti de signaler toutes les émissions de radio et de télé importantes, de même pour les articles, qu'ils soient favorables ou défavorables à l'interdiction afin que chacun puisse être informé de tous les aspects de ce problème.

18 novembre 2013 - RFI - Faut-il interdire la fessée et les châtiments corporels ?
Un homme vient d’être condamné à payer 500€ de dommages et intérêts pour avoir administré une fessée à son enfant ... avec la participation d'Olivier Maurel.

6 novembre 2013 à 13h48 - La Libre - Nécessaire et acceptable, la fessée ?
Un Français écope d'une amende pour... une fessée. A Nivelles, une institutrice est écartée pour avoir donné une fessée à un enfant. ...

25 octobre 2013 - Mediapart / Blog de Marie-Christine Gryson - La fessée à 500 euros : encore un adulte victime d'un enfant !
Emballement médiatique sur une info au moment où les députés vont devoir se prononcer pour ou contre l'interdiction de la fessée comme l'ont fait le plus grand nombre des pays européens. ...

21 octobre 2013 à 19h20 - France-inter - Fessées, gifles et autres tapes, faut-il les bannir ?
Après la condamnation d'un père qui avait donné une fessée à son fils de 9 ans, juqu'où peut-on aller dans la correction des enfants ? Faut-il bannir les fessées, gifles et autres tapes ?

21 octobre 2013 à 7h15 - France-Inter - Faut-il interdire la fessée ?
La question déchaîne les passions depuis la condamnation la semaine dernière d'un père de famille ...

19 octobre 2013 - Le Monde - La fin du parent roi
"Les opposants à la fessée estiment que les coups, même légers, ne sont jamais éducatifs. Mais certains craignent qu'une interdiction affaiblisse un pouvoir parental déjà fragilisé par une crise de légitimité". ...

18 octobre 2013 à 11h49 - Rue89 - Affaire de la fessée : tous ces parents qui auraient pu finir en taule
Lundi dernier, un papa a été condamné à 500 euros d’amende avec sursis pour avoir mis une fessée « cul-nu » à son fiston. ...

18 octobre 2013 à 20h05 - Arte - 28 mn
Renaud Dély nous présentera son homme de la semaine, Lionel Lecante, père de famille condamné par la justice pour avoir fessé son enfant.

18 octobre 2013 06h - France Info - Abolition de la fessée: la France mérite-t-elle une raclée ?
La condamnation d'un père de famille à 500 euros d'amende avec sursis, pour une fessée administrée à son fils de 9 ans, relance le débat en France sur "ces châtiments corporels". ...

17 octobre 2013 à 18h43 - Le Monde - En France, la fessée bientôt punie ?
Le sujet est revenu dans l'actualité à la faveur d'un de ces terribles faits divers qui saisissent l'opinion ...

17 octobre 2013 à 12h37 - France Info junior - Faut-il une loi pour interdire les claques et les fessées ?
Jamais un tribunal français n'avait prononcé une condamnation pour une simple fessée ...

17 octobre 2013 à 09:39 - Journal des femmes - La fessée : un moyen pour confirmer l’autorité parentale ?
Une fessée reste toujours une fessée. On donne des coups à l’enfant sur le derrière. ...

16 octobre 2013 - Le Canard enchaîné
"Le ministère des Affaires étrangères a été interpellé, nous apprend « Libération » (9/10), devant le Comité européen des droits sociaux, qui demande pourquoi la France s'obstine à ne pas interdire, par une loi, la fessée aux enfants, comme 23 autres pays de l'Union européenne. ..."

16 octobre 2013 à 15h21 - Le Parisien - «La fessée a été bénéfique», assure le père condamné
Pull-over gris à col roulé, lunettes rectangulaires, barbe de trois jours, Lionel Lecante a la voix posée et reste ferme sur ses positions ...

16 octobre 2013 à 14h21 - Le Figaro - Interdiction de la fessée : la ministre de la Famille n'a «aucune réserve»
Dans une interview à paraître jeudi dans Le Figaro, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, préconise une «mesure symbolique» pour dire que la fessée «n'est pas tolérable». ...

16 octobre 2013 à 07h33 - La Dépêche - Limoges. La condamnation d'un père relance le débat sur la fessée
La condamnation à 500 € d’amende, vendredi dernier à Limoges, d’un père de famille qui avait administré une fessée déculottée à son fils, suscite l’indignation de la plupart des internautes. ...

16 octobre 2013 - JOL Press - Entretien avec Edwige Antier - Ces fessées que les parents ne pourront plus donner à leurs enfants
JOL Press : Faut-il interdire tout châtiment corporel sur l'enfant ?
Edwige Antier : Absolument. Il faut surtout abolir définitivement tout châtiment corporel sur l'enfant, afin que cette pratique ne fasse plus partie du registre de l'éducation ...


15 octobre 2013 à 20h40 - Metronews - Fessée : "C'est un petit peu exagéré", estime le père condamné
POLÉMIQUE - Condamné vendredi à 500 euros d'amende avec sursis pour avoir donné une fessée à son fils de 8 ans en 2012, Lionel Lecante estime sa sanction "un petit peu exagérée". ...

15 octobre 2013 à 19h04 - TF1 - Débat : Faut-il interdire la fessée en France ?
"La fessée et la gifle regardent bien entendu la justice car il s'agit de maltraitance quotidienne à enfant ." Jacqueline Cornet, présidente de l'association Ni claques ni fessées, ...

15 octobre 2013 à 19h01 - L'Express - "La fessée c'est un peu la madeleine de Proust de l'enfance", pour Edwige Antier
Après la condamnation d'un père pour une fessée à son fils de 9 ans, la pédiatre Edwige Antier, auteur en 2010 d'une proposition de loi prônant son interdiction, ...

15 octobre 13 à 15h51 - Le Journal du Centre - Le père condamné à Limoges pour une fessée livre sa version des faits
L'histoire de Lionel Lecante, condamné le 11 octobre par le tribunal correctionnel de Limoges pour une fessée donnée à son fils de 9 ans, a pris une ampleur nationale. ...

15 octobre 2013 à 14h10 - Le Figaro - « L'éducation se fait par le dialogue, pas les coups »
VOTRE AVIS – Combien coûte une fessée ? ...

15 octobre 2013 à 13h40- RTL - Un père condamné pour une fessée : "La parole parfois ne suffit pas", dit Lionel
Lionel a été condamné vendredi à une amende avec sursis pour avoir donné une fessée à son enfant de neuf ans. Il dénonce un verdict "abusif". ...

15 octobre 2013 à 9h04 - RTL - Condamné pour avoir fessé son enfant : ce que dit la loi
DÉCRYPTAGE - Un père de famille a été condamné vendredi à 500 euros d'amende avec sursis pour avoir fessé son enfant. Dans les faits, la justice n'autorise pas cet acte, mais elle tolère un "droit de correction". ...

15 octobre 2013 à 8h59 - TF1 - "Les fessées sont contre-productives"
Interview - A l'occasion du lancement d'une campagne choc contre les gifles et autres punitions de la Fondation pour l'enfance, MYTF1News avait interrogé une consultante familiale engagée contre les violences domestiques ...

14 octobre 2013 à 21h51 - L'Express - Un père condamné pour une fessée à son fils de 9 ans
Le tribunal correctionnel de Limoges a condamné un père à 500 euros d'amende avec sursis pour avoir donné une fessée "cul nu" à son enfant ...

14 octobre 2013 à 18h00 - Le Figaro - Un père condamné pour une fessée
Le tribunal correctionnel de Limoges a condamné vendredi un père à 500 euros d'amende avec sursis pour avoir donné une fessée à son fils de 9 ans, révèle Le Populaire ...

14 octobre 13 à 16:39 - Le Journal du Centre - Un père condamné pour avoir donné une fessée à son fils de 9 ans
L’image d’Épinal de l’enfant se faisant fesser le derrière à l’air sur les genoux du parent mécontent a pris une sacrée claque vendredi au tribunal correctionnel de Limoges. ...

8 octobre 2013 à 20h16 - Libération - Fessée : la France mérite des claques
La loi n’interdit toujours pas les châtiments corporels. Assigné par une ONG, le gouvernement botte en touche ...

octobre - PsychoEnfants - Parents : trop de fessées en public !
Stop à la fessée en public ! C'est ce que suggère une étude américaine de l'Université du Michigan publiée dans la revue Behavior and Social Issues ...



À propos des enfants-rois et des adultes tyrans

Dans l’inépuisable série « Il faut frustrer les enfants », le magazine Psychologies de janvier 2013 vient de publier un nouvel article sur le thème des « enfants-rois » et des « adultes tyrans ». Cet article est un modèle de désinformation.

Son titre : « De l’enfant-roi à l’adulte tyran » est suivi d’un résumé qui ne laisse aucun doute sur la réalité de la prolifération de ces dangereuses personnalités : « Moi d’abord ! Ils sont de plus en plus nombreux à refuser sans remords les règles de la vie en collectivité. » Or, quand on lit l’article, on s’aperçoit que l’augmentation annoncée comme vertigineuse du nombre des « mal-élevés » ne repose que sur la conviction du psychologue Didier Pleux (« J’ai eu affaire, ces dernières années, à une augmentation des consultations d’hommes et de femmes victimes de ces personnalités tyranniques, mais aussi d’adultes tyrans, traînés dans mon cabinet par leur conjoint ou leurs parents. ») et sur celles d’une professeure de sciences économiques, Cécile Ernst, qui affirme que « nous sommes en face d’un phénomène inquiétant » sans en donner la moindre preuve autre que son sentiment que les adolescents sont de plus en plus difficiles. Une psychologue plus avisée, Dominique Picard, reconnaît, elle, qu’« on ne peut pas savoir objectivement si l’incivilité augmente », mais seulement qu’« elle est de plus en plus ressentie et mal vécue », ce qui n’a rien à voir avec une augmentation objective du phénomène. L’autre référence « scientifique » de l’article est l’écrivain et humoriste Jean-Louis Fournier, auteur d’un livre au titre significatif : Mouchons les morveux, et qui, lui, affirme que « l’enfant-roi, c’est de la graine de dictateur ».

Or, il suffit d’un peu réfléchir pour se rendre compte que l’augmentation des consultations pour ce genre de cas, si elle est réelle, ce qui reste encore à prouver, peut être au contraire un très bon signe, celui que les parents sont plus conscients de leurs difficultés, que les conjoints ou conjointes se laissent moins faire et que les « adultes tyrans » eux-mêmes, si dangereux d’après Didier Pleux, acceptent de venir consulter un psychologue, ce qui est plus civilisé que de battre son conjoint ou sa conjointe. Je ne vois pas en quoi il y a là « danger pour la démocratie », comme le proclament Pleux, Ernst et Fournier.

Quant à la cause de ladite augmentation des « adultes tyrans », dont la réalité n’est prouvée par aucune étude scientifique, pour Didier Pleux elle est claire. Il affirme que ces adultes n’ont pas été « mal aimés, incompris, empêchés de s’exprimer dans leur enfance ». Ils n’ont subi « aucune carence affective », mais au contraire une « survalorisation de leur personnalité ». Leur enfance a été le moment de la « toute-puissance », autre tarte à la crème de la psychologie et de la psychanalyse actuelle. Les analyses d’Alice Miller, qu’il cite, ne concernent, pour Didier Pleux que « la génération élevée dans la rigidité du surmoi et de la puissance parentale » qu’il oppose à la génération qui, selon lui, a pu cultiver jusqu’à l’âge adulte son illusion de « toute-puissance ». Il précise bien qu’il n’est pas question pour lui de regretter les fessées, mais en affirmant cela, il montre que, pour lui, les fessées appartiennent au passé, alors que 80 % des parents continuent à y recourir.

Il n’est pas question de nier que certains parents sont débordés par leurs enfants, souvent parce qu’ils ont cherché à satisfaire non pas les besoins de leurs enfants (besoins de tendresse, de présence réelle, d’attention), mais leurs désirs de biens de consommation exacerbés par la publicité. Mais, jusqu’à preuve du contraire, il reste que les grands criminels ont été beaucoup plus souvent des enfants maltraités ou mal aimés que des enfants-rois. Les dictateurs, comme l’a montré Alice Miller ont tous été des enfants épouvantablement maltraités. Depuis que l’éducation s’est relativement adoucie par rapport à ce qu’elle était au début du XXe siècle, le taux réel de délinquance et de criminalité n’a pas cessé de baisser.

Le vrai « danger pour la démocratie » et le vrai risque de voir apparaître des dictateurs reste toujours la violence éducative, qu’elle se manifeste sous la forme de carences, ou qu’elle soit physique, verbale ou psychologique.

Olivier Maurel,
fondateur de l'OVEO.


Le roman de la Gifle


Par Alexandra Barral, membre de l'OVEO

Le récit qui suit rappelle étrangement l’histoire de François Bayrou qui, en 2002, avait giflé un enfant de 10 ans qui lui faisait les poches. "Le candidat à la présidentielle avait estimé quelques jours après que cette gifle était un geste de père de famille […] sans gravité1."

Ce geste avait à l’époque valu à François Bayrou un regain de popularité. A notre connaissance, François Bayrou n’a été aucunement inquiété pour son geste, alors qu’il l’aurait évidement été s’il avait frappé un adulte. Ceci a de quoi nous interpeller.

L’agression physique sur un adulte n’est pas tolérée. Mais quand il s’agit d’un enfant, on dit alors qu’elle a une valeur éducative. Cette fois, c’est un maire de 63 ans, Maurice Boisart, qui a administré une gifle à un adolescent. Il a été, lui, condamné à 1 000 euros d’amende le 17 février 2012.

L’article ci-dessous, paru dans Le Monde du 9 mars 2012 sous la plume de Pascale Robert-Diard, rapporte les faits et les nombreux témoignages de sympathie pour le maire :

Monsieur le maire, c'est avec stupéfaction que mon épouse et moi-même avons appris...", "C'est en qualité de père, grand-père, ancien instit, engagé dans le monde associatif, que je tiens à vous apporter mon soutien moral...", "Rempli d'une réelle indignation, je me permets de vous adresser ces quelques lignes de réconfort...", "C'est le cœur serré, mais aussi révolté que je vous écris...", "Simple citoyenne, permettez-moi de vous faire part de ma sincère sollicitude...", "Au nom du conseil municipal unanime, je tiens à vous assurer de notre entière solidarité...", "Mon voisin se joint à moi pour vous faire part de son estime...", "J'ai 59 ans et ma mère de 85 ans est dans le même état d'esprit que moi, nous vous soutenons..."

Ceux-là n'ont pas attendu que "l'affaire de la gifle" s'invite dans le débat présidentiel. Depuis qu'il a été condamné, le 17 février, à 1 000 euros d'amende avec sursis pour avoir giflé un adolescent de son village qui escaladait un grillage, Maurice Boisart, 63 ans, maire de Cousolre (Nord), a reçu plus de mille cinq cents messages de soutien. Et ce n'est pas fini. Chaque jour, une épaisse chemise remplie de nouveaux courriers est déposée sur son bureau. On écrit de toute la France, grandes villes, banlieues, sous-préfectures ou villages, mais aussi de la Belgique toute proche, de Suisse, des Etats-Unis ou de Bangkok. Par courriel, bien sûr, mais surtout par lettres. On jette sa colère au stylo-bille sur une simple page de bloc-notes à petits carreaux, ou à la plume sur un épais vélin.

On dit son incompréhension sur une carte de visite personnelle ou un bristol professionnel. On griffonne quelques mots de réconfort au dos d'une carte postale de Notre-Dame-de-l'Assomption à Clermont-Ferrand, d'une vue de la corniche en Vendée, d'une plage de Bretagne, d'un château de la Loire, du beffroi d'Evreux, des vieilles maisons de Fougères, d'un quartier de Toulon, ou de la cité de Carcassonne. On affiche sa solidarité sur papier à en-tête officiel d'une mairie ou d'un conseil général. On partage son désarroi et on en profite pour raconter sa vie sur un feuillet double orné d'une grappe de raisin, d'un bouquet de fleurs ou d'un papillon.

Cette gifle qui a échappé au maire de Cousolre un jour d'août 2010, c'est la leur. Comme celles qu'ils ont données, celles qu'ils ont reçues, celles qui, pour eux, se sont trop perdues. De ce roman épistolaire national, c'est peut-être cela que l'on retient d'abord : la France est un pays de giflés reconnaissants et de gifleurs assumés. "J'ai 78 ans, un casier judiciaire vierge, et je le dois en partie à la sanction immédiate qui suivait mes nombreuses incartades." Je suis chauffeur routier et je remercie mon instituteur de m'avoir baffé. D'ailleurs, je lui téléphone de temps en temps." Je me souviens de la gifle magistrale reçue de mon instit quand j'avais 12 ans parce que je chantais trop fort dans les escaliers, la punition avait été mentionnée dans mon cahier du jour, mon père la tripla." "Un grand merci pour ce geste trop rare. J'ai 57 ans, j'en ai fait des bêtises quand j'étais jeune, mais je me serais bien gardé d'en parler à mes parents, j'en prenais au moins une deuxième."

Des "gifles", "calottes", "claques", "torgnoles" ou "petites corrections", ils en revendiquent quelques-unes. De Gif-sur-Yvette, une professeure retraitée d'histoire-géo raconte avoir giflé l'une de ses élèves qui, lors d'une projection en classe du film Nuit et brouillard, avait éclaté de rire en voyant les femmes nues emmenées à la chambre à gaz. "A la fin de l'heure, c'est elle qui est venue s'excuser. Et, quelques années plus tard, alors qu'elle assistait à une réunion pour sa plus jeune sœur, elle a raconté que ce geste lui avait appris, pour la vie, le respect de l'autre", écrit-elle. "Je ne suis pas un adepte des fessées ou des gifles, mais dans un pareil cas, mon fils en aurait pris une seconde", écrit Eric. Comme Naguib, qui affirme : "Si mon fils avait insulté une personne plus âgée, je peux vous dire qu'il aurait entendu parler du pays !"

Ils se disent "outré", "écœuré", "indigné", "scandalisé", "ulcéré", "effaré", "consterné" et peut-être plus encore "désorienté" par le jugement qui a condamné Maurice Boisart. Au nom de la gifle "d'utilité publique", ils sont prêts à se lever. "Jamais de ma vie, je n'ai manifesté dans la rue. Là, je suis décidé à le faire", écrit Paul, 62 ans. Nouredine demande comment faire "pour envoyer mon modeste soutien de 10 euros". Un ancien commandant de gendarmerie et un "vieil instit écœuré" proposent, eux aussi, de participer financièrement, une "mère de deux adolescents" a scotché une pièce d'un euro à sa lettre.

"Où va notre justice ?", s'interrogent-ils, qui "laisse s'envoler les incivilités", "contribue à renforcer un certain sentiment d'impunité et à réduire encore l'autorité", "préfère soutenir les malfrats", "inique et honteuse". Et que font ces juges, "des nantis soixante-huitards trop bien payés", qui "vivent dans un monde où ils sont à l'abri des tracas quotidiens" ?

De ce sondage grandeur nature émerge une France nostalgique d'une époque où l'on respectait "Monsieur le maire", mais aussi "l'instit" ou "le professeur". Ils sont nombreux, d'ailleurs, enseignants actifs ou retraités, inspecteur d'académie, proviseur de lycée ou principal de collège "avec palmes académiques" à avoir pris la plume pour s'indigner. Une professeure de mathématiques : "Ce que vous avez subi est notre lot quotidien, particulièrement dans un petit collège de campagne comme le mien."



Une autre a simplement joint à ses quelques mots de soutien un dessin humoristique : 1969, une institutrice droite et sévère, en chignon, regarde deux parents furieux lancer à leur fils honteux : "C'est quoi ces notes ?" 2009 : devant un gamin hilare, les mêmes parents furieux s'en prennent à l'enseignante tremblante de peur : "C'est quoi ces notes ??"

Un assistant d'éducation époux d'une enseignante, se lamente : "Nous sommes confrontés tous les jours aux adolescents et à leur manque total de respect sans qu'aucune sanction ne soit jamais appliquée." Un médecin de Troyes lui fait écho : "Nous rencontrons de plus en plus de difficultés avec les incivilités répétées de nos patients." Un pompier renchérit : "Les gendarmes ne sont plus respectés, les pompiers sont caillassés, bref, y en a marre." Un couple de "jeunes commerçants" confirme : "Chez nous, c'est tous les jours." Un surveillant pénitentiaire observe : "Comme vous, je vois partir la société en vrille."

Plus encore que les juges, ce sont les parents "fuyant leur responsabilité d'éducateurs", "débordés par toute cette société matérialiste" qui sont montrés du doigt. "Ils ont baissé les bras", "se déculpabilisent en encensant leur progéniture". , demande Janine, de Charente. "Aujourd'hui, les familles n'ont qu'un seul principe : mes enfants ont toujours raison", assure ce maire et ancien enseignant qui dit avoir constaté "la démission progressive des parents". Au règne de "l'enfant-roi", une mère oppose cet adage entendu de la bouche de son père : "Il disait toujours : "Si tu ne veux pas que ton enfant te fasse pleurer quand il aura 15 ans, fais-le pleurer quand il en a 3.""

On convoque Platon - en au moins six exemplaires - "Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants. Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles. Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter(...) alors c'est le début de la tyrannie", pour mieux soutenir "le geste de père de famille" de Maurice Boisart. On s'en prend au "galopin", "voyou", "sauvageon", "petit con", "petit morveux", "vaurien", "jeune crétin", "racaille" ou "garnement" qui lui faisait face. "N'ayez pas honte", "vous vous êtes comporté en citoyen", "vous devriez avoir la Légion d'honneur, plutôt qu'une amende", "ne soyez pas triste, c'est le monde qui ne tourne pas rond, pas vous". Un chef de service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent lui propose son témoignage en appel : "Le jeune qui vous a menacé aurait dû avoir honte, et son père aurait dû augmenter sa honte en le punissant. En agissant comme vous l'avez fait, vous avez simplement assumé une position d'adulte." Un maire du Rhône approuve : "La méthode peut être contestée, mais ce n'est pas le geste en lui-même qui importe, c'est ce qu'il symbolise. Vous avez refusé le laisser-faire."

Avec le monde enseignant, les maires sont nombreux à s'être manifestés. "Nous nous sentons abandonnés par la République qui est censée nous protéger d'individus qui connaissent leurs droits mais ignorent leurs devoirs." Ils dénoncent un jugement "qui traduit une méconnaissance des réalités du terrain" et "rend un mauvais service au civisme et, au final, à la démocratie".

Alors, on s'interroge dans l'Aisne : "Marine ferait-elle mieux ?" Dans la Sarthe : "Va-t-il falloir voter Front national pour retrouver le respect de nos valeurs et de nos élus ?" On s'inquiète au Pouliguen : "Tout cela fait le jeu des extrémistes de tout bord que je ne cautionne pas." On soupire à Cousolre : "Quand un chef d'Etat dit à l'un de ses concitoyens : "Casse-toi, pauvre c...", ne soyez pas surpris des insultes des jeunes."

On vient rôder aussi autour de l'histoire de ce maire et son impressionnante popularité. Un responsable Front national du Nord s'est empressé de l'assurer de son soutien, un autre du Mouvement national républicain du Rhône lui adresse son magazine. Et Nicolas Sarkozy ne manque désormais plus une occasion de lui rendre hommage. Lorsqu'il l'a entendu évoquer une première, puis une seconde fois, "l'affaire de la gifle", Maurice Boisart confie avoir été un peu mal à l'aise. "Que le président de la République apporte son soutien à un petit maire du Nord, je suis d'accord, c'est dans le cadre de ses fonctions. Mais pas dans le but d'une récupération politique."

Dans la pile de courrier, M. le maire saisit trois lettres. Celle d'un homme à l'écriture maladroite qui lui demande d'excuser ses fautes d'orthographe "parce que je ne suis pas allé longtemps à l'école", une carte postale de Bastia signée Angèle et Rosa, qui lui envoient "un peu de notre soleil, c'est tout ce que l'on peut vous offrir". Et les mots griffonnés par ce père : "Je viens de perdre mon fils de 15 ans qui jouait dans un chantier près de la maison, après avoir enjambé un grillage. Pourquoi aucun adulte n'était-il là ce jour-là, pour le gifler et l'empêcher de grimper ?"


Cette affaire, comme toutes celles du même genre, soulève des vagues de sympathie. On écrit des quatre coins de la planète à ce maire pour le soutenir et approuver son geste. La violence éducative est universellement cautionnée, dans le temps et dans l’espace. L’ancrage mental de la légitimité de la violence éducative est bien universel. Les gens sont très majoritairement en faveur de ce que nous considérons comme de la violence éducative. Oui, affirme l'auteure de l'article, "la France est un pays de giflés reconnaissants et de gifleurs assumés". 82 % des Français (et 81 % des parents) sont opposés au projet de loi proposant l’interdiction de la fessée dans le Code Civil (proposition soutenue par la députée Edwige Antier), contre 17 % qui y sont favorables (même proportion chez les parents). Par ailleurs, 66 % des parents n’ayant jamais donné de fessées y sont également opposés2. L’"Union des Familles en Europe" a réalisé en 2006/2007 une enquête portant sur 685 grands-parents, 856 parents et 776 enfants qui ont spontanément répondu sur le site Internet. Les trois générations ont toutes reçu des fessées : 95 % des grands-parents, 95 % des parents et 96 % des enfants. Les enfants giflés par leurs parents les remercient de leur violence et deviennent à leur tour des « gifleurs » ou fesseurs assumés, selon un engrenage qui fait que l’enfant idéalise ceux qui l’ont malmené...

Derrière la valorisation de la gifle ou la fessée, derrière l’autorisation d’en donner, se trouve la volonté de maintenir l’emprise de l’adulte sur l’enfant, de restaurer ou de conserver "l’autorité" de l’adulte et le fait que l’enfant doive se soumettre à plus vieux que lui. Aussi voit-on dans l’article apparaître tous les dépositaires de l’autorité : parents, grands-parents, mais aussi tous les adultes qui sont vus nécessairement comme respectables en soi du simple fait qu’ils sont adultes, les enseignants, les dirigeants politiques. L’illustration laisse également suggérer qu’entre une violence sur les enfants ou une violence sur les enseignants, il n’y a pas d’alternative, qu’il ne peut y avoir que des rapports de dominants et de dominés entre les individus : soit les adultes dominent, soit ce sont les enfants (avec un petit sourire diabolique sur le visage !), et il vaut mieux gagner contre eux si on ne veut pas être tyrannisé. L’article témoigne de cette idée que l’enfant, s’il n’est pas maté, va prendre le pouvoir sur l’adulte et lui rendre la vie impossible.

L’attitude du psychiatre spécialiste de l’enfant et de l’adolescent (sic !) corrobore cette idée que l’enfant est un être pulsionnel qu’une éducation ferme, sinon violente, doit faire devenir sage et discipliné. "Le jeune qui vous a menacé aurait dû avoir honte, et son père aurait dû augmenter sa honte en le punissant. En agissant comme vous l'avez fait, vous avez simplement assumé une position d'adulte." Outre qu’il semble ignorer que la gifle est une agression physique intolérable sur qui que ce soit, ce spécialiste, en plus de l’agression physique, demande qu'on y ajoute la honte, l’humiliation. Ce qu’il recommande, c’est finalement une spirale de violence, puisque que l’enfant frappé, puis humilié, peut alors nourrir un sentiment de vengeance (qu’il exercera sur plus faible que lui, exactement comme le font les adultes) et/ou une forme d’autodévaluation : se sentant alors coupable, responsable, indigne et bon à rien, l’enfant se persuade qu’il l’a bien mérité.

"Un grand merci pour ce geste trop rare. J'ai 57 ans, j'en ai fait des bêtises quand j'étais jeune, mais je me serais bien gardé d'en parler à mes parents, j'en prenais au moins une deuxième." Ce que ne semble pas voir ce monsieur, c’est que les enfants élevés dans la peur de la sanction éducative ne font ensuite plus les choses qu’en fonction de la sanction ou non. Pour eux, justement, tout est permis à condition de ne pas être vu, à condition que le père ou la mère qui frappent ne soient pas au courant. On peut alors faire n’importe quoi, et surtout se venger sur plus faible, libérer sa rage de ne pas pouvoir répondre aux coups. Outre le fait que l’enfant frappé reproduit ce geste sur d’autres par mimétisme, l’adulte qui frappe est vu comme la puissance enviable qui peut tout.

Quant à ce monsieur qui vient de perdre son fils, on ne peut évidemment que regretter ce drame qui le frappe et l’assurer de notre compassion ; mais pour empêcher un enfant d'avoir un geste dangereux, n’y a-t-il pas d’autre moyen que la gifle ? Ne peut-on pas envisager de lui parler, voire de le retenir ? Dans les commentaires des internautes qui suivent l’article, on trouve ceci : « La lettre du père qui a perdu son fils, si elle est vraie, illustre la différence entre une gifle violente et une gifle éducative. » Cette pseudo-distinction souvent avancée ne tient nullement. Il n’existe pas de gifle "non violente", et une gifle éducative est tout aussi violente qu’une gifle dont le but serait autre. Une gifle n’est éducative que dans la tête de celui qui la donne, non dans celle de celui qui la reçoit : pour un enfant comme pour un adulte, c'est un geste violent, une agression pure et simple.

Rappelons enfin qu’il est interdit de frapper qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit, la légitime défense n’étant nullement une autorisation de frapper. L’article R 624-1 du code pénal prévoit une contravention de quatrième classe pour les violences légères (celles qui ne causent aucune interruption temporaire de travail.) Or, bien peu de personnes s’insurgent contre le fait que donner une gifle constitue un acte violent strictement interdit pas la loi. Que ce soit un enfant ou un adulte ne devrait pas entrer en ligne de compte. Ou si cela devait être le cas, il faudrait même penser qu’il est plus grave de frapper un enfant, ou un mineur, compte tenu de sa faiblesse, par exemple. C’est d’ailleurs ce que fait la loi en considérant comme une circonstance aggravante le fait de frapper un enfant. « Le code pénal prévoit des peines de cinq à dix ans de prison et de fortes amendes pour celui qui commet des violences dites habituelles sur un mineur de moins de quinze ans (article 222-14 du code pénal) et des violences aggravées sur un mineur de moins de quinze ans (articles 222-11, 222-12 et 222-13 du code pénal3. » "Où va notre justice ?" demande dans l’article un monsieur qui s’indigne de la condamnation du maire. La justice française, aujourd’hui encore, permet à un père de famille de frapper un enfant sous couvert d’éducation tandis que tous les adultes sans exception sont protégés contre les coups. Ce qui aurait été inquiétant, c’est que ce maire n’ait pas été condamné, et peut-être faudrait-il plutôt s’insurger contre l’absence de condamnation de François Bayrou en 20024.

Cet article et les nombreuses réactions des lecteurs témoignent s’il en est encore besoin du fait que la violence éducative a de beaux jours devant elle. Voici le commentaire d’une lectrice, Marie–Noëlle : « Alice Miller doit se retourner dans sa tombe. Allez sur le site OVEO [...] on ne sait jamais, quelques-uns d'entre vous pourraient découvrir la cécité émotionnelle et comprendre pourquoi tous ces adultes défendent si âprement leurs parents... »


1. Le Figaro.
2. Sondage Sofres 2009.
3. Voir sur notre site l'article du juriste Pierre-Brice Lebrun :La fessée est-elle un attribut de l'autorité parentale ?
4. L'article du Figaro déjà cité (voir note 1) explique d'ailleurs que le jeune homme qu’a giflé François Bayrou il y a dix ans vient d’être condamné à quatre mois de prison pour violence contre des policiers. L’article suggère que ce jeune homme a finalement manqué d’une éducation sévère, il réhabilite donc une fois de plus le geste de François Bayrou et ne s’interroge pas autrement sur la racine de la violence de cet enfant.


"SOS Enfants maltraités" sur France 5


Le 24 janvier 2012, le magazine "Enquête de santé" sur France 5 avait pour sujet "SOS Enfants maltraités". L'émission a abordé un grand nombre de points concernant la maltraitance, et plusieurs cas ayant abouti à la mort d'enfants ont été analysés.

Le témoignage d'une femme aujourd'hui médecin, et qui fut violemment et longuement maltraitée par son père alors qu'elle était enfant, est particulièrement intéressant. Elle explique notamment, comme l'a montré aussi Anne Tursz, interviewée dans l'émission et auteur du livre Les Oubliés, que les médecins ne reçoivent aucune formation pour apprendre à détecter la maltraitance. Même carence en ce qui concerne la connaissance de la maltraitance et du nombre d'enfants qui en meurent. Deux par jour, d'après les hypothèses les plus optimistes. Dans une interview consternante, la secrétaire d'Etat chargée de la famille Claude Greff montre qu'elle n'a manifestement pas la moindre idée des chiffres supposés de la maltraitance.

Au cours du débat qui a suivi le film, un téléspectateur a posé la question : Un père qui crie beaucoup et qui donne des fessées à son bébé d'un an est-il maltraitant ? L'animatrice du débat a précisé la question : comment distinguer l'acceptable de l'inacceptable ? Réponse floue de la pédiatre présente sur le plateau. Il est évident que tant qu'une loi ne dira pas clairement que toute violence, si faible soit-elle, est interdite, la maltraitance continuera à tuer en France chaque année des centaines d'enfants (7 à 800 actuellement, d'après une estimation). En Suède, depuis le vote de la loi interdisant toute forme de violence, les décès par maltraitance ont pratiquement disparu.

A lire sur le même sujet : Enfants « battus » : les errements de la Justice (à propos d'une émission diffusée en janvier 2011).



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Empathie, attachement et violence éducative : le colloque 2011 de la FF2P


Les mercredi 19 et jeudi 20 octobre 2011 s’est tenu le deuxième colloque organisé par la FF2P (Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse) prenant en compte la violence éducative ordinaire. Vingt-quatre membres de l’OVEO y ont assisté, dont quatre intervenants : Olivier Maurel, Fabienne Cazalis, Françoise Charrasse, Catherine Gueguen. Plusieurs autres intervenants étaient membres du comité de parrainage de l’OVEO. Le nombre d’auditeurs (environ trois cents), la variété des intervenants ont fait de ce colloque un moment vibrant et foisonnant d’informations, fertile en échanges et en propositions pour promouvoir une éducation respectueuse des droits de l’enfant, et une thérapie respectueuse des besoins de la personne. Voir le site du colloque.

Les thèmes abordés ont été les suivants :

  • Capacité d’attachement et approche psychothérapeutique.
  • Capacité d’empathie et approche psychothérapeutique.
  • Comment prendre en charge les déficits de l’attachement et de l’empathie résultant de la violence éducative. « L’empathie, la contagion émotionnelle, la coupure par rapport aux émotions et la prévention de la violence, de la théorie à la pratique ».
  • Comment mettre en œuvre la loi d’interdiction des punitions éducatives en France et dans le monde ? Les points de vue éducatifs et psychothérapeutiques.
Ont pris la parole, entre autres (les liens mènent sur les pages de présentation donnant le texte de l’intervention) :
  • Fabienne Cazalis, neuroscientifique. « Il est urgent, en termes de santé publique, de mesurer l'impact à court et à long terme de nos pratiques culturelles de séparation précoce du nouveau-né de sa mère. »
  • Catherine Clément, psychiatre, psychothérapeute EMDR et Intégration des cycles de vie (Lifespan Integration)
  • Nicole Guedeney, pédopsychiatre, praticien hospitalier, docteur ès sciences : « Comment éviter autant la violence éducative que la violence psychothérapeutique »
  • Cornélia Gauthier, médecin psychosomaticienne, auteure de Sommes-nous tous des abusés ? « L’action de sauver (excès d’empathie) comporte toujours pour celui qui la pratique un aspect pulsionnel, assorti d’un certain sentiment d’urgence et de précipitation. Tout va trop vite et trop loin. Le sauveur envahit le territoire de l’autre et le prive d’une partie de sa liberté de réflexion et d’action. » Au contraire, l’action d’aider (juste distance empathique) se fait dans le calme, aide à initier une action, mais laisse à l’autre le soin de faire sa part, de s’approprier sa réussite, sa guérison.
  • Françoise Charrasse, psychothérapeute, chercheur Alice Miller. « Beaucoup de gens pensent encore que la personnalité de l’enfant lui vient de ses gènes et que la façon dont les adultes se comportent à son égard n’influent que modérément sur ce qu’il est et devient. Nous savons maintenant que le petit de l'homme naît prématuré et que son cerveau, loin d'avoir terminé son développement à la naissance est très vulnérable à l'environnement. »
  • Isabelle Filliozat, psychologue, psychothérapeute, a, entre autres, évoqué les maternités « Amies des bébés ». 20 000 hôpitaux labellisés dans le monde, 650 en Europe, 11 en France… Voir en particulier le tableau synoptique comparant la psychanalyse, basée sur la théorie des pulsions, et les thérapies actuelles basées sur la théorie de l’attachement, centrée sur la satisfaction des besoins de l’enfant.
  • Jacqueline Cornet, présidente de l’association « Ni claques ni fessées »
  • Edwige Antier, députée de Paris, pédiatre. Est à l’origine d’une loi visant à abolir toutes formes de violences physiques et psychologiques infligées aux enfants.
  • Marc-André Cotton, enseignant, rédacteur du site Internet Regard conscient.
  • Catherine Dumonteil-Kremer, consultante familiale, auteur de Elever son enfant… autrement.
  • Catherine Gueguen, pédiatre, soutien à la parentalité.
  • Gilles Lazimi, coordinateur de campagnes contre les violences contre les femmes et les enfants.
  • Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire.
  • Elda Moreno, juriste espagnole, conseillère spéciale du Secrétaire général et de la Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe
  • Sara Johansson, conseillère en protection de l'enfance, Save the Children (Suède).
  • Catherine Schmider, formatrice en Communication NonViolente, sophrologue. « Les lois ne sont respectées que si elles ont du sens pour ceux la vivent, et pour cela il est important qu’elles soient reliées aux besoins qu’elles nourrissent. »
  • Guy Corneau, analyste jungien, auteur de Revivre !
  • Daniel Favre, docteur en neurosciences et sciences de l’éducation, enseignant-chercheur : « Comment prendre en charge les déficits de l’attachement et de l’empathie résultant de la violence éducative ordinaire ».
  • Gérard Salem, psychiatre, thérapie familiale, directeur de la CIMI à Lausanne. « La maltraitance familiale se manifeste aussi dans les attitudes éducatives, dont certaines, par leur extrême exigence, rappellent la “pédagogie noire” que dénonçait Alice Miller, alors que d’autres, par leur extrême négligence, confinent à l’abandon. »
Théâtre : Immenses et Minuscules (voir aussi programme du colloque Film : L’Affaire Freud, entretiens avec Jeffrey Moussaïef Masson, auteur du livre Le Réel escamoté.

A la clôture du colloque, une motion proposée par Edwige Antier a été adoptée à l’unanimité.

Commentaires de membres de l'OVEO

Ce qui a été pertinent, pour moi c’est l’attention portée aux conséquences de la violence éducative, à ses origines, et au lien avec les approches psychothérapeutiques. J’ai été sensible au fait que ce Colloque ait invité les thérapeutes aux approches centrées sur les besoins et le respect de la personne. (Marie-Sophie.)

(D'autres commentaires à venir...)