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EN MEMOIRE D'ALICE MILLER

Alice Miller est décédée le 14 avril 2010, à l'âge de 87 ans. L’apport de son œuvre à ses lecteurs ainsi qu’à la cause des enfants et de l’humanité est incommensurable.

Lire l'article : En mémoire d'Alice Miller

C'est pour ton bien !, un livre majeur dont vous pouvez lire un extrait : Existe-t-il une "pédagogie blanche"?

Alice Miller - Abus et maltraitance de l'enfant : un site incontournable sur la violence éducative

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Point de vue de l'OVEO sur l'actualité

Un trou noir dans les statistiques sur la violence

456 313. C'est le nombre de violences contre les personnes enregistrées en France entre octobre 2008 et septembre 2009, selon le bilan mensuel de l'OND (Observatoire national de la délinquance) rendu public le 13 octobre 2009, soit une augmentation de 4,08 % en un an.

Cet observatoire établit les statistiques non seulement des violences, notamment commises dans le cadre familial, mais aussi des menaces de violences. Si par exemple un adulte est giflé dans la rue ou dans sa famille, ou menacé d'être giflé, et s'il porte plainte, cette gifle entre dans les statistiques de la violence.

Qu'en serait-il de ces statistiques si l'on y faisait entrer les violences et menaces de violences sur les enfants, gifles et fessées comprises ? Il y avait en France en 2006 environ 17 millions d'enfants. Compte tenu du fait que plus de 80 % d'entre eux reçoivent des gifles et fessées, il faudrait ajouter 13 millions au nombre de violences constatées. Et je vous laisse calculer le nombre total si l'on tient compte du fait que les enfants giflés et fessés le sont bien évidemment plusieurs fois en une année, voire en un mois, voire, pour certains, en une semaine ou un jour. Sans compter, bien sûr, le nombre de fois où ils sont menacés.

Le sommet d'un iceberg fait environ, dit-on, le dixième de son volume global. Le sommet émergé de l'iceberg de la violence, celui que révèle l'OND, est bien moins que cela : une tête d'épingle par rapport à un énorme bloc de violences quotidiennes sur la partie de la société la plus fragile, au cours de sa formation. Comment ne pas voir que la violence révélée prend en grande partie sa source dans cet Everest de violences quotidiennes ?


Une campagne « ELEVER SON ENFANT SANS VIOLENCE » à Romainville à partir du 5 octobre 2009

Le Dr Gilles Lazimi, directeur du Centre municipal de santé de Romainville (Seine-Saint-Denis), nous informe du lancement d’une campagne qui sera présentée le 6 octobre 2009 à 14 h 30 à la Maison des Parents de Romainville (rue de la Résistance, cité Marcel-Cachin, 93230 Romainville, tél. 01.48.45.59.06), et annoncée dès le 5 octobre par des affiches sur toute la commune. Nous espérons que cette « campagne originale » et exemplaire inspirera d’autres villes ! C'est avec plaisir que nous avons également accueilli la proposition du Dr Gilles Lazimi de faire partie de notre comité de parrainage.

Extraits du communiqué :

Cette campagne va surprendre et soulever le débat sur des violences trop souvent banalisées. Celles que subissent nos enfants au quotidien de la part de leurs parents qui les aiment et qui font tout ce qu’ils peuvent pour les éduquer et les élever le mieux possible !

Deux affiches originales [...] : deux ours d’enfants interpellent les adultes sur les souffrances et difficultés de la petite Alice et du petit Paul. Ces affiches sont signées « Ville de Romainville » et « Fondation pour l’enfance ». Des affiches fortes avec un visuel émouvant, deux ours en peluche qui accrochent le regard et nous ramènent vers notre passé d’enfants. Ils sont émouvants, ils expriment des sentiments et des émotions. Ces affiches ne peuvent laisser indifférent. Elles vont susciter débat et réflexion sur notre façon d’élever nos enfants, elles ont pour titre : « Élever son enfant sans violence. »

Ces ours, compagnons des enfants, sont les témoins et les confidents d’Alice et de Paul. Ils nous interpellent et nous révèlent que des mots banals ou des gestes (claques, fessées…) encore trop habituels dans notre société peuvent avoir des conséquences sur l’état de santé de nos enfants et plus tard sur leur devenir d’adultes et de parents.

Cette campagne n’a d’objectif que d’aider les parents que nous sommes à améliorer nos compétences, car élever son enfant n’est pas chose facile ! Les maisons et écoles des parents sont des lieux idéaux pour en discuter, partager et changer nos pratiques. Les violences envers les enfants sont malheureusement encore fréquentes en France. Les ours nous interpellent :

« La petite Alice n'arrive pas à apprendre à lire depuis que son père la frappe »

Les claques ou les fessées ne sont pas nécessaires, ni utiles pour aider son enfant dans les apprentissages. De telles violences ont un résultat contreproductif. Comment réfléchir et changer nos pratiques, héritées souvent de notre propre culture et éducation. Il est important de transmettre que les gestes de ce type sont de véritables violences, avec un risque de conséquences durables pour l’enfant et l’adulte en devenir. Et de se questionner sur le sens que nous donnons à ces « violences éducatives ».

« Le petit Paul a toujours mal au ventre depuis que sa mère le traite de nul »

Eh oui, les mots peuvent avoir une conséquence sur l’estime de soi et la confiance de l’enfant, surtout quand ils viennent de ses parents. C’est donc vrai, « je suis nul, je ne vaux pas la peine d’être aimé, ma maman n’est pas fière de moi, je ne peux pas progresser, je ne mérite pas d’être aimé, ma maman ne m’aime pas... » Escalade possible de pensées pour l’enfant qui peuvent se traduire par des troubles somatiques et d’autres difficultés, notamment scolaires. Et pourtant, un grand nombre de parents n’imaginent pas que de tels mots puissent engendrer de telles conséquences. [...]

Outre son action d’aide à la parentalité tout au long de l’année, la Maison des Parents de Romainville organise un cycle de conférences-débats qui a débuté le 9 juin 2009 par une conférence du Dr Jacqueline Cornet (« Ni claques ni fessées ») sur le thème : « Eduquer sans violence… vers une éducation positive ».

La deuxième conférence, le 13 octobre 2009 à 19 h, sera animée par Mme Marie-Christine Marion, responsable de la Maison des Parents, et le Dr Gilles Lazimi, médecin directeur du Centre municipal de santé, sur le thème : « Les mots qui blessent, les mots qui libèrent ».

La troisième conférence, le 17 novembre 2009 à 19 h, sera animée par le Dr Suzanne Robert-Ouvray, sur les conséquences neurophysiologiques et psychologiques des violences sur les enfants. Cette dernière conférence de l’année coïncidera avec l'anniversaire des 20 ans de la Déclaration des Droits de l'enfant.

Pour tous renseignements : Dr Gilles Lazimi, 01.41.83.17.70, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , ou Marie-Christine Marion, 01.48.45.59.06, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Livres cités :
Alice MILLER, C’est pour ton bien ; Abattre le mur du silence ; L'Enfant sous terreur ; La Connaissance interdite (Aubier, Flammarion).
Olivier MAUREL, La Fessée, 100 questions-réponses sur les châtiments corporels (La Plage) ; Oui, la nature humaine est bonne ! (Robert Laffont).
Suzanne ROBERT-OUVRAY, Enfant abusé, enfant médusé (DDB).
Jacqueline CORNET, Faut-il battre les enfants ?(Hommes et Perspectives).
Stanislas TOMKIEWICZ, Aimer mal, châtier bien (Seuil).
Caroline ELIACHEFF, De l’enfant roi à l’enfant victime ( Odile Jacob).
Marie-Thérèse HERMANGE, L'Enfant soi-disant roi (Albin Michel).
Pierre LASSUS, L'Enfance du crime : Tous les grands criminels ont été des enfants maltraités (Bourin).


Les enfants étaient déjà sans défense. Seront-ils sans défenseur ?

Le gouvernement a décidé de déposer un projet de loi pour supprimer l'institution du Défenseur des enfants, institution représentée actuellement par Dominique Versini, qui a été la première Défenseure des enfants à avoir le courage de demander l'interdiction des punitions corporelles. Ce projet de loi a été déposé sans aucune concertation avec l'intéressée ni avec aucune des associations de protection des droits des enfants.

Voir le communiqué de presse de la Défenseure des enfants sur son site où on peut maintenant signer une pétition de soutien .

Nous invitons tous ceux qui n'acceptent pas cette décision à envoyer au Premier ministre la lettre ci-dessous ou une lettre d'inspiration semblable :

Monsieur le Premier Ministre,

J'apprends avec stupéfaction que votre gouvernement, par un projet de loi présenté lors du Conseil des ministres du 9 septembre, a décidé de supprimer l'institution du Défenseur des enfants.

Est-il pensable que, dans un pays où le nombre de décès d'enfants par maltraitance oscille entre 400 et 700, c'est-à-dire entre plus de un à près de deux décès par jour, on supprime une institution qui est précisément chargée de la protection des enfants ?

Je vous demande instamment de renoncer à ce projet de loi et, au contraire, de renforcer la protection dont doivent bénéficier les enfants de notre pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'assurance de ma haute considération.


Pour écrire au Premier ministre : http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/ecrire

Ou encore :

M. Le Premier Ministre
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris

La Nouvelle-Zélande va-t-elle remettre en cause l'abolition des punitions corporelles ?

La Nouvelle-Zélande s'est dotée en 2007 d'une loi d'interdiction des châtiments corporels, devenant ainsi le premier pays anglophone parmi les pays abolitionnistes. Certains craignaient une augmentation de la maltraitance suite à cette loi. Nous avions publié sur notre site un article montrant que ce n'était pas le cas.

Depuis, les opposants à cette loi, parmi lesquels de nombreuses associations familiales, ont réussi à rassembler plus de 285 000 signatures, obligeant le gouvernement à organiser un référendum populaire sur le sujet. Celui-ci s'est tenu entre le 31 juillet et le 21 août dernier avec un résultat affligeant de 87,6 % de votants en faveur d'une annulation de cette loi d'interdiction.

En naviguant sur les sites Internet (en anglais), respectivement de la campagne pour le OUI et de la campagne pour le NON, on découvre que la formulation même de la question posée était ambiguë et sujette à controverse : Should a smack as part of good parental correction be a criminal offence in New Zealand? (En français : « La gifle et la fessée, considérées comme de bons moyens de correction parentale, doivent-elles être un délit en Nouvelle-Zélande ? »)

Les opposants à la loi qui ont réussi à organiser ce référendum espèrent, par ce résultat massivement favorable, envoyer un message clair au gouvernement. Nous voulons mettre en avant, comme l'on fait les partisans du OUI, le fait que leur campagne semble avoir été basée sur l'idée qu'un « bon parent » ne devait pas pouvoir être considéré comme « criminel » ou « délinquant », plutôt que de centrer le débat sur le fait que frapper un enfant dans le but de le corriger n'est pas un bon moyen d'éducation.

Chose étrange, mais de laquelle nous nous réjouissons, un sondage publié quelques jours seulement avant le début du référendum montrait plusieurs évolutions positives. En effet, seuls 9 % des mères et 8 % des pères d'enfant de moins de 4 ans interrogés indiquent aujourd'hui frapper au moins une fois par semaine leur enfant. Deux tiers des parents disent frapper leur enfant occasionnellement, et ce malgré la loi d'interdiction. Enfin, 39 % des mères et 35 % des pères disent ne jamais frapper leur enfant.

Tous ces chiffres, comparés à ceux de quatre enquêtes menées entre 1963 et 1997 par Jane et James Ritchie, psychologues à l'université de Waikato, montrent une évolution positive remarquable. En effet, dans toutes leurs enquêtes, moins de 10 % des parents indiquaient ne jamais frapper leur enfant et environ la moitié affirmaient frapper leur enfant au moins une fois par semaine. Encore une fois, on ne peut que se réjouir de l'évolution positive qui a suivi le vote de cette loi d'interdiction des punitions corporelles !

Le premier ministre néo-zélandais, John Key, a annoncé début septembre la mise en place d'une commission officielle de révision de la loi. Cette commission devra rendre son rapport au 1er décembre. Nous espérons, tout comme les partisans du OUI, que la commission et le gouvernement, sauront montrer le bien-fondé de cette loi et donner une issue à ce débat qui soit favorable aux enfants !

12 juin : Rapport du Comité des droits de l'enfant

Le 26 mai dernier, la France a été auditionnée par le Comité des droits de l'enfant à Genève. C'est la secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano, accompagnée d'une délégation ministérielle importante, qui a défendu le travail accompli par les gouvernements successifs, suite aux recommandations faites en 2004 par ce même comité. De nombreuses associations et ONG faisaient partie du public. On peut lire, par exemple, le rapport de DEI-France (Défense des Enfants International - France) sur leur site (lettre n°8).
Le Comité a rendu publiques ce 12 juin ses conclusions et recommandations (rapport disponible sur leur site, voir rubrique concluding observations). Nous nous réjouissons d'y lire qu'il demande expressément à la France :

  • d'intégrer le concept de l'enfant comme sujet de droits à part entière, dans tous ses projets, politiques et programmes (voir p. 3, § 7),
  • d'interdire explicitement les châtiments corporels dans tous les contextes, y compris dans la famille, à l'école et dans les institutions et autres établissements accueillant des enfants, de renforcer les activités de sensibilisation dans ce domaine et de promouvoir le principe d'une éducation sans violence (voir p. 14, § 58).

Ironie du sort, on notera également que le Comité encourage la France à aller jusqu'au bout de son engagement dans la campagne d'interdiction des châtiments corporels, "Levez la main contre la fessée" menée par le Conseil de l'Europe... engagement pris justement par Nadine Morano à Stockholm en septembre dernier, mais qu'elle nie toujours.

19 avril : Quelques nouvelles de l'évolution à l'échelle planétaire

Dans la dernière lettre d'information reçue de l'initiative mondiale End All Corporal Punishment of Children, on apprend que des efforts sont faits actuellement dans la direction d'une interdiction des châtiments corporels envers les enfants au Canada, aux îles Cayman, en Inde, à l'île de Man, en Jamaïque, aux Philippines et dans certains États des Etats-Unis. On apprend également que des obstacles semblent au contraire freiner l'évolution en Australie, au Botswana, au Royaume-Uni et dans certains États des Etats-Unis. On note aussi les efforts du gouvernement norvégien qui souhaite clarifier la loi actuelle, pour enlever les derniers doutes qui semblent peser quant à la possibilité de faire usage de violences physiques légères envers les enfants.
Cela montre encore une fois l'importance d'une législation précise. Osons espérer que le gouvernement français s'en inspire dans sa réflexion...