C’est seulement quand se produit un changement dans l’enfance que les sociétés commencent à progresser dans des directions nouvelles imprévisibles et plus appropriées.

Lloyd de Mause, président de l'association internationale de Psychohistoire.

Interdiction totale du châtiment corporel des enfants en Pologne

L’ONG Global Initiative to End All Corporal Punishment of Children a annoncé que deux nouveaux pays venaient d’interdire les châtiments corporels, la Tunisie et un nouveau pays européen, la Pologne. Ci-dessous la traduction de l’information publiée sur ce site :

L’article 2 de la loi du 6 mai 2010 « sur la prévention des violences familiales » amende le Code de la famille de 1964 en y insérant un nouvel article 96 qui interdit tout châtiment corporel dans l’éducation des enfants :

« Les parents et personnes qui s’occupent d’enfants mineurs n’ont pas le droit d’user de châtiments corporels, d’infliger des souffrances morales ni de recourir à aucune autre forme d’humiliation de l’enfant. » (Traduction non officielle.)

La nouvelle loi a été signée par le président le 18 juin 2010 et est entrée en vigueur le 1er août.

L’article 40 de la Constitution de 1997 interdit les punitions corporelles, mais il n’existait jusqu’ici aucun consensus sur le fait que cet article s’applique dans le domaine privé, en particulier dans la famille et sur les lieux de garde privés. Le gouvernement polonais a confirmé en juin 2008 devant la Commission des droits humains du Conseil de l’Europe son engagement à une interdiction totale1. Le nouvel article 96 du Code de la famille stipule clairement que le châtiment corporel des enfants est totalement interdit.

La Pologne renoue ainsi avec un passé lointain, si l’on songe qu’elle a été il y a deux cents ans, bien qu’avec des frontières différentes de celles d’aujourd’hui, le premier pays européen à interdire les châtiments corporels dans les écoles. Cette interdiction, prononcée en 1793, a été inspirée par un pédagogue polonais, Stanislas Konarski, très influencé par la pensée des philosophes français et notamment de Rousseau. Il a réformé le système scolaire et l'interdiction des punitions corporelles a probablement fait partie de la réforme. Malheureusement, quelques années après, la Pologne était partagée entre la Prusse, la Russie et l'Autriche et disparaissait de la carte du monde, la réforme de Konarski avec elle. (Information : Olivier Maurel.)

La Pologne est aussi le pays du grand pédagogue Janusz Korczak (1878-1942), auteur du pamphlet Le Droit de l’enfant au respect (1927), et qui a choisi de suivre en camp de concentration les enfants du ghetto de Varsovie dont il s’occupait plutôt que de les abandonner.>


1. Comme le rappelle le site du Conseil de l’Europe (où la nouvelle loi n’est pas encore annoncée) sur la page des rapports nationaux sur les progrès en Europe sur les châtiments corporels, la Pologne faisait partie des Etats qui s’étaient engagés à interdire totalement les châtiments corporels : « La Pologne a lancé, en janvier 2009, une campagne nationale sous le titre “Good Parent - Good Start” (De bons parents – un bon départ dans la vie). La campagne a été mise en œuvre par le ministère du Travail et de la Politique sociale, en coopération avec des organisations à but non lucratif et les pouvoirs locaux. Elle se compose d’une campagne dans les médias (panneaux d’affichage, spots télévisés), de dépliants distribués dans les organismes locaux de sécurité sociale et d’un cycle d’ateliers destinés aux parents. Le but est d’encourager les parents à exercer leurs fonctions parentales de manière active et positive en période de crise et à prévenir la violence familiale. »


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