Il ne peut y avoir plus vive révélation de l'âme d'une société que la manière dont elle traite ses enfants.

Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté.

Assemblée générale 2017 de l’OVEO

L'assemblée générale annuelle de l'OVEO s'est tenue le samedi 14 octobre 2017 à Paris, avec une trentaine de participants. Elle a procédé à la réélection de sa trésorière et à l'élection d'un nouveau président, et adopté des modifications à la Charte de l'adhérent (visible sur la page Adhérer à l'OVEO.

Les projets pour l'année à venir :

  • création d'un intranet (actuellement en cours d'étude) pour faciliter les discussions entre adhérents et la mise au point des actions, en remplacement de la liste de discussion actuelle et des autres outils informatiques,
  • mise au point de nouveaux matériels d'information (dans la mesure du possible, car nous sommes tous bénévoles et tributaires de la bonne volonté de chacun),
  • développer la sensibilisation à la question de la violence éducative ordinaire des professionnels de l'enfance et de ceux qui les forment (universités, écoles professionnelles...), cela bien sûr en complément de l'action en faveur du vote d'une loi (voir ci-dessous "Bilan de notre action"),
  • développer (là encore, dans la mesure où les adhérents le souhaiteront) des groupes locaux OVEO, faciliter les contacts entre les adhérents et leur information.

Bilan de notre action depuis la dernière assemblée générale de Recoubeau-Jansac dans la Drôme :

  • Inclusion de la violence éducative dans le texte du Cadre national d’accueil du jeune enfant, destiné aux professionnels de la petite enfance, et dans le plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants. (Voir notre article L’OVEO a contribué aux dernières avancées en matière de lutte contre la violence éducative ordinaire en France).
  • Nous aurons à tirer les enseignements du vote en décembre 2016, puis de la censure par le Conseil constitutionnel en janvier 2017, pour des raisons de procédure, de l’amendement à la loi Égalité et Citoyenneté qui interdisait les violences corporelles et les humiliations dans le cadre de l'autorité parentale, et à réfléchir aux actions à mettre en œuvre pour qu’une nouvelle loi qui interdise clairement toute violence éducative à l’encontre des enfants soit enfin votée1.
  • Lancement, avec l’association StopVEO Enfance sans violence, de la première campagne nationale de sensibilisation sur les violences verbales (le 12 septembre sur les réseaux sociaux et le 15 septembre à la télévision).
  • En novembre 2017, l’OVEO participera au projet du Train de la parentalité et de la petite enfance, qui sillonnera la France. Nous y présenterons la violence éducative ordinaire et animerons des conférences dans les villes concernées.
  • Notre étude sur la prise de conscience de la VEO s'est clôturée le 31 août avec plus de 2000 réponses. Les premiers résultats ont été communiqués lors de l'assemblée générale.

  1. À cet égard, nous allons travailler dans un nouveau contexte et nous regrettons vivement que le nouveau gouvernement n’ait pas jugé utile de créer de ministère dédié à l’Enfance. Dans le cadre de la rentrée scolaire, les recommandations du nouveau ministre de l’Éducation nationale ne sont pas très rassurantes. Dans une interview à La Nouvelle République, il encourage les enseignants à donner aux enfants des devoirs à faire après leur journée de classe : « D'un point de vue pédagogique, il faut des exercices et des devoirs… » Même si le ministre semblait s’adresser surtout aux collégiens, ses propos ne sont pas sans résonance pour les plus jeunes, nombreux à rentrer à la maison avec des devoirs à faire. Nous voulons donc rappeler que les devoirs écrits sont interdits par la circulaire du 23 novembre 1956 qui supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d'efficacité et de santé : « Des études récentes sur les problèmes relatifs à l’efficacité du travail scolaire dans ses rapports avec la santé des enfants ont mis en évidence l’excès du travail écrit généralement exigé des élèves. En effet, le développement normal physiologique et intellectuel d’un enfant de moins de onze ans s’accommode mal d’une journée de travail trop longue. Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail soutenu ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants. »
    M. Blanquer insiste également sur la nécessité du respect à exiger des enfants à l’égard des adultes de l’institution : « […] Pour faire progresser l'école, nous devrons aussi rétablir la notion de respect. Les professeurs et les adultes qui participent à la vie de l'école doivent être respectés. Notre société en a besoin. » Le ministre semble envisager le respect dans un seul sens, sans évoquer l’exigence pour l’institution scolaire et les adultes qui la représentent de veiller à ce que les enfants soient aussi respectés dans leurs besoins les plus essentiels.
    Nous ne pouvons que rappeler que la société, pour être plus apaisée et moins violente, a elle aussi besoin que les adultes en devenir que sont les enfants ne soient pas écartés du droit au respect et à l’intégrité de leur personne. []

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