Quand on a rencontré la violence pendant l'enfance, c'est comme une langue maternelle qu'on nous a apprise.

Marie-France Hirigoyen.

6 décembre 2018 : « Voilà une classe qui se tient sage ! »

Violence sociale et violence "éducative" à Mantes-la-Jolie

Illustration : Fred Sochard

Depuis plusieurs semaines, nous vivons une séquence sociale et politique où colère et révolte ne parviennent pas à échapper à la voie de la violence.

La France reste un pays où le conflit a du mal à trouver des canaux d’expression et de résolution qui évitent les passages à l’acte violents.

L’Observatoire de la violence éducative ordinaire ne se trouve pas en dehors de cette réalité sociale. Les événements de Mantes-La-Jolie, qui ont vu des adolescents être humiliés et filmés dans une position dégradante, ne peuvent nous laisser sans réaction.

Nous condamnons la violence d’où qu’elle vienne, mais nous sommes d’autant plus inquiets lorsque cette violence touche des jeunes et est imputable aux fonctionnaires de police, responsables de la sécurité des personnes.

Nous avons pleinement conscience de la difficulté du travail de la police, mais nous ne pouvons que dénoncer une mise en scène qui relève de pratiques indignes dans un État de droit, qui ne peuvent que générer un regain de violence. Quel message éducatif est transmis à ces jeunes à qui il est demandé « d’être sages », les mains entravées ou posées sur la tête ?

Le Défenseur des droits a décidé d’ouvrir une enquête qui portera « sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées des interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie », en rappelant qu'il était chargé de « veiller au respect de la déontologie » des forces de l’ordre et de défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Nous soutenons pleinement cette initiative.


Lire aussi :

, ,