Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous et non pas de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Khalil Gibran, extrait du recueil Le Prophète.

L’enfer de la mafia familiale : le chaos en somme

Témoignage reçu en réponse au questionnaire du site.

Ce témoignage peut sembler décrire la maltraitance extrême plus que la violence éducative ordinaire. Mais il faut bien voir d'une part que ce niveau de violence a été fréquent et toléré en France pendant longtemps et qu'il l'est encore dans beaucoup de pays. D'autre part, que beaucoup de formes de maltraitance extrême commencent par des formes de violence tolérées et considérées comme éducatives. Lyiah a donc raison d'écrire : « violence éducative ordinaire » => MALTRAITANCE BANALISÉE et plus loin encore LA VIOLENCE EDUCATIVE ORDINAIRE EST DE LA MALTRAITANCE. C'est une seule et même chose affreusement dangereuse.

Vous pouvez également lire le courrier qu'elle a adressé en 2009 à Alice Miller.

1) Avez-vous subi vous-même de la violence éducative au cours de votre enfance ? Sous quelle forme ?

Sous toutes les formes possibles et imaginables par des esprits encombrés par le dangereux refoulement de leur traumatismes :
- Humiliations verbales quasi permanentes devant toute personne se trouvant présentes à ce moment des faits, insultes, sobriquets immondes et à connotations vulgaires la plupart du temps. Déchiquettage des vêtements à même le corps, crachements sur le visage en reccurence, privée de manger et renvoyée à la chambre en isoloir d'ou l'anoréxie forcée subie durant toutes mon enfance-adolescence, forcée à ravalrer ce que j'avais vomi dans mon assiette (épisode affreux !) etc...
- Frappé sur pratiquement toutes les régions du corps y compis la tête le plus souvent et jusqu'au sang parfois avec des boucles de ceintures (père), fouet, objets divers tel de gros sabots en bois, des couverts de tables des bouteilles en verre, un gourdin en gros bois fabriqué sur mesure par le père et visé par de grosses vis dont la tête dépassaient et mortellement douloureux, une chaise, attaché au préalable pour m'empêcher de bouger et ne pas rater ses cibles. Tirage et trainage par les cheveux ou elle me faisait revisiter chaque pièces en me cognant aux coins de portes etc.. je ne peux tout énumérer. Bref, immonde traitement qui n'a pas de mot approprié tant il est tout sauf humain.
- 3 tentatives de m'imoler par le feu par la mère, arrachage de cheveux, plantage de couteau et de fourchette sur les bras en les lançant à distance violemment, graves blessures aux corps particulièrement au dos, giffles énergiques et morsures horribles de mon sexe par ma mère lorsqu'elle a appris que je me faisait abuser par le soit disant "pote" de son mari.
- et j'en passe ...

2) A partir de et jusqu'à quel âge ?
Avant ma naissance (et jusqu'à la veille de mon départ de chez eux à l'âge de 17 et demi) car la mère de notre père et ma mère alors enceinte de moi de 8 mois se sont battu telles des hyènes enragées; une déformation (enfoncement) sur 3 côtes avant, côté coeur en sont les traces visibles de ce traumatisme encore à ce jour.

3) Par qui ? (père, mère, grands-parents, autre personne de la famille ou de l'entourage, enseignant...)
mère, père, frères, grand-mère maternelle, cousins, oncles, tantes, enseignantes et enseignants, "camarades" d'école et autres adultes au centre aéré, colonie de vacances et ailleurs encore ..

4) Cette ou ces personnes avaient-elles elles-mêmes subi de la violence éducative dans leur enfance ? De quel type, pour autant que vous le sachiez ?
Oui, sans équivoque presque toutes l'ont vécus. mère, père, grand-mère maternelle, frères, cousins, tantes, oncles, et camarades d'école.

5) Vous souvenez-vous de vos sentiments et de vos réactions d'alors (colère, tristesse, résignation, indifférence, sentiment d'injustice ou au contraire de l'avoir “bien mérité”...) ?
Toute contradiction en culpabilité et gros doute sur mon innocence variant entre colère, tristesse, résignation, flash de lucidité-révolte et en cachette dans une armoire enfermée pour que personne m'entende gémir ma souffrance et mes insultes sur mes parents et autres qui m'humiliaient profondément et que je retournais contre moi dès que je les retrouvais après avoir évacué leur enfer très intériorisé en moi, hélas pour moi en ces temps.

6) Avez-vous subi cette(ces) épreuve(s) dans l'isolement ou avez-vous eu le soutien de quelqu'un ?
Dans l'isolement la plupart du temps, n'ayant pas rencontré de témoin capable de déceler vraiment cette violence subie et m'aider.

7) Quelles étaient les conséquences de cette violence lorsque vous étiez enfant ?
- Rythme cardiaque ressenti comme trop intense et paniquant mais que j'ai pu gérer je ne sais par quel miracle et par dessus tout en respirant profondément naturellement.
- MÉFIANCE ET GRANDE PEUR de tous les adultes autours et de mes frères beaucoup aussi, et, mutisme doublé d'observation intense quant aux faits subis. Chanter en cachette dans les toilettes, pleurer, crier en m'étouffant dans le fond de ma gorges, dans l'armoire et sous les couvertures. Solitude tout au long de ma vie et jusqu'à présent encore par protection.

8) Quelles en sont les conséquences maintenant que vous êtes adulte ? En particulier vis-à-vis des enfants, et notamment si vous êtes quotidiennement au contact d'enfants (les vôtres, ou professionnellement) - merci de préciser le contexte ?
Une certaine solitude encore forcée par les restes de la méfiance induite par mon éducation faussée et meurtrière. J'apprends encore à me respecter et à vivre des relations conscientes.
J'ai toujours eu un contact pure avec tout enfant dont j'ai croisé la route et ayant dès l'âge de 12 ans élévé durant 6 années mon propre petit frère (et tout le reste de la mafia) qui curieusement semble être à l'opposé de tous les autres frères; il est non dépendant et beaucoup moins en carences affectives et aucune drogue à son actif. Il faut dire que je faisais bouclier lors de violence dont il était témoin et le rassurais presque tout le temps pour le protéger au maximum ainsi, il bénéficiait d'un autre traitement un peu plus humain étant le petit dernier que je n'ai jamais frappé ou humilié; par contre mes frères si, mais pas nos parents. C'est simple lorsque la vie me donne le privilège à la rencontre des enfants, je les regardent avec naturel et joie et ils le sentent; j'ai pu ainsi aider quelques un de ces enfants que j'ai croisé jusque là sans effort car ils me l'ont toujours montré dans les 1ères secondes ou nous avons connecté ensemble; ma présence, mon écoute et mes questions sans jugement à leur égard. Un rapport fluide basé sur l'honnêteté et tant de joie aussi.

9) Si vos parents ont su éviter toute violence, pouvez-vous préciser comment ils s'y sont pris ?

J'en aurait rêvé toute ma vie, si je ne m'étais pas enfuie de cette prison pénitentiaire qu'était l'entre de mes parents maladivement cruels.

10) Globalement, que pensez-vous de votre éducation ?
L'enfer de la MAFIA FAMILIALE ! J'ai failli y laisser ma peau, heureusement que je n'ai pas chômé durant ma séquestration chez ces fous dangereux ! J'ai réussi l'ultime évasion et c'était pas gagné avec tout le fardeau en lègue de ces criminels furieux, intériorisé en moi de force en termes verbaux plus assassins les uns que les autres. J'ai trimbalé une partie de leur confusion-culpabilité qui ne m'appartenait pour ainsi dire pas le moins du monde. Je crois que je préférais mourir à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur de leur entre machiavélique.

11) Viviez-vous, enfant, dans une société où la violence éducative est courante ?
Oh combien ! Presque partout sauf dans une ou deux familles rares ou il reignait curieusement comme une atmosphère en totale opposition avec ce qui m'était familier. L'Amour et la Paix diffusait son parfum aussi étrange que familier, alors que je ne le vivais même pas à la prison habituelle ; le rapport des parents avec leurs enfants me semblait surréaliste même et tellement vrai à la fois que j'en pleurais de joie sur le chemin du retour. Quel bonheur de voir çà et aussi quelle dualité-désenchantement intérieur lorsque la jalousie ressentie en rentrant dans la prison familiale ou demeurait comme toujours les mêmes fantômes, les mêmes travaux forcés, la même haine; le chaos en somme.

12) Si vous avez voyagé et pu observer des pratiques coutumières de violence à l'égard des enfants, pouvez-vous les décrire assez précisément : quel(s) type(s) de violence ? par qui ? à qui (sexe, âge, lien de parenté) ? en quelle circonstance ? pour quelles raisons ? en privé ? en public ?
Ayant voyagé dans divers pays, j'ai constaté que, dans la plupart des contrées, les enfants subissaient énormément la violence édu-castratrice. En espagne, j'ai pu constater à peu près les mêmes pratiques cruelles communes à la France et à l'Italie, commes les giffles en public et en privé et autres coups de pieds aux fesses, tirage de cheveux, d'reilles, tapes, presque tout pareil. Aux états unis, au secours ! J'ai reçu chocs sur chocs, et dans presque tous les cas les mères tabassaient leurs enfants à la vue de tous et affichaient même une certaine violence à l'égard de qui pouvait approcher pour s'en mêler. En sommes, c'est au Danemark ou je suis resté 3 mois et ou je n'ai vu aucune trace de cette violence éducative. En afrique du nord et afrique tout court, n'en parlons pas; l'horreur ! Physique, verbale, regards menaçants et autres objets en main qui voltigent et se fracassent sur le corps de l'enfant; alors entre adultes = no comment ! Et partout, en privé, la main est très énergique car les maîtres de la correction s'octroient un pouvoir spectaculairement cruel et insidieux. Ils font semblant de ne pas voir qu'on a vu.

13) Qu'est-ce qu'évoque pour vous l'expression « violence éducative ordinaire » ? Quels types de violence en font partie ? Et quelle différence faites-vous, le cas échéant, entre maltraitance et « violence éducative ordinaire » ?
- « violence éducative ordinaire » => MALTRAITANCE BANALISÉE. Terme d'auto-protection que justifie la société d'hypocrite donc aveugle dans laquelle nous vivons.
- Giffles, humiliations, moqueries ce qui revient au même, tape sur la tête, tirage de cheveux et d'oreilles, pincement, menace du regard, toute l'hideuse panoplie du dictateur-dresseur
- AUCUNE DIFFERENCE, LA VIOLENCE EDUCATIVE ORDINAIRE EST DE LA MALTRAITANCE. C'est une seule et même chose affreusement dangereuse.

14) Avez-vous des objections aux idées développées par l'OVEO ? Lesquelles ?
Je découvre actuellement l'OVEO

15) Comment nous avez-vous connus : site ? livre d'Olivier Maurel ? salon ? conférence ? autres ?
Sur le site d'Alice Miller.

16) Ce site a-t-il modifié ou renforcé votre point de vue sur la violence éducative à l'égard des enfants ?
Il le renforce.

17) Si vous acceptez de répondre, merci de préciser sexe, âge et milieu social.
...femme / 45 ans / Sans enfant...

Lyiah