Quand on a rencontré la violence pendant l'enfance, c'est comme une langue maternelle qu'on nous a apprise.

Marie-France Hirigoyen.

Pour elle, un enfant devait être soumis à sa mère et il fallait le mater

J’ai été élevé par ma mère. Elle s’est retrouvée seule pour assurer mon éducation abandonnée par mon père. Elle était d’une grande rigueur et surtout d’une grande exigence. Elle m’a élevé durement. Pour elle, un enfant devait être soumis à sa mère et il fallait le mater. Elle exigeait de moi l’excellence que ce soit scolaire, mais aussi dans la vie de tous les jours, politesse, hygiène, etc.… Pour se faire obéir, pour me dresser comme elle disait, pour obtenir de moi cette soumission totale elle utilisait les châtiments corporels et des punitions toutes très dures. Elle gérait ma vie totalement, je n’avais le droit de rien, elle me contrôlait totalement. Elle à toujours réagi ainsi commençant par les tapes sur la main puis en grandissant j’ai connu le martinet, le tuteur, la brosse à cheveux et la cravache d’équitation. Elle a cessé de me battre et de me punir quand j’ai quitté la maison, à la fin de mes études à 20ans. Ma mère était institutrice et était aussi très occupé par son activité professionnelle. Du coup je devais aussi m’acquitter des travaux ménager et plus je grandissais plus je devais m’occuper de tout. Elle m’a élevé à la dure et ne m’a laissé aucune liberté.

Maintenant je souffre énormément de ça, je n’ai pas profité de mon enfance, et j'en veux à ma mère. Je commence à déprimer a cause de ça...

La seule chose qui l’intéressai c'est que je sois parfait, que je réussisse a l'école, elle faisait tout pour que j'ai des bonnes notes et pour que je sois son boy, le reste elle s'en fichait.

Elle me gérait totalement. Elle venait me réveiller, puis elle me laver elle à l’eau froide car elle disait que je ne savais pas me laver. Elle me faisait m’habiller avec des vêtements de son choix, me coiffait parfaitement (et j’avais intérêt à le rester parfaitement toute la journée) puis je devais préparer son petit déjeuner. Moi je mangeais après elle, car pendant qu'elle mangeait je devais rester derrière elle pour lui apporter ce qu’elle avait besoin. Du coup je mangeais les restes. Apres avoir fait la vaisselle, quand il n’y avait pas école, et m’avoir brossé les dents sous son contrôle, je devais faire mes devoirs ou les devoirs qu’elle me donnait. Elle corrigeait, et me punissait pour la moindre faute. Je devais recopier la correction après une série de coup et une séance au piquet à genoux sur une règle en fer. L’après midi je faisais les corvées ménagères et finissait mes devoir. Avant le repas du soir elle me douchait à l’eau froide.
Lorsque nous étions dehors, je devais marcher devant elle, au moins un mètre. Je n'avais pas le droit de parler, ni de regarder trop haut. Chez la famille pareil, pas le droit de parler, mes cousins faisaient les marioles, tandis que moi je devais rester assis et écouter les autres, ma mère me disais que c'était parce que je ne savais pas parler, qu'il fallait que j'apprenne à écouter les autres.

A la maison, j'avais le droit de manger le déjeuner et le diner a la même table qu’elle, mais pareil je ne devais pas parler, a moins d'avoir lever le doigt et d'avoir gentiment dis "je pourrai parler s'il vous plait", âpres fallait que j'attende qu’ elle veuille bien, les quelques fois où j'ai demandé j'ai eu droit a des réflexions méchantes du genre "quoi encore", alors je ne demandais pas. Je devais toujours manger tous ce qui m’était servi.

Maintenant je souffre énormément de ça, je n’ai pas profité de mon enfance, et j'en veux à ma mère. Je commence à déprimer a cause de ça... Je souffre d’une grande timidité et je ne sais pas dire non. J’ai peur quand quelqu’un hausse la voix

Je vous autorise à publier mon témoignage
Constant 32 ans petite bourgeoisie


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