Vous dites : « C’est épuisant de s'occuper des enfants.» Vous avez raison. Vous ajoutez : « Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. » Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser.

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK.

Une Vie…

Une vie à n'être que reflets
Une vie muette restée figée
Quand vos folies l'ont pétrifiée :
Une vie à n'être que brisée.

Une vie à n'être que souffrances
Ultimes remparts à la démence...
Une vie cousue de morcellements,
Puzzle-patchwork d'un cœur d'enfant

Une vie à n'être que paraître
Quitte à n'être qu'une fille en miettes
Pour mieux vous plaire
Pour mieux me taire...

Ou diluée en bavardages
Pour étancher tous vos silences...
Une vie où se mêlent les âges,
Tant résonne mon enfance...

Une vie à n'être qu'une éponge
Noyée de larmes, de vos mensonges
Une vie qui veut sauver en vain...
Que seuls nourrissent les songes,
miroirs sans tain, et, sans chemin,
Une Vie à Naître, à Vivre, enfin !

Amandine C.
2018