Vous dites : « C’est épuisant de s'occuper des enfants.» Vous avez raison. Vous ajoutez : « Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. » Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser.

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK.

VEO institutionnelle et soutien aux « lanceurs d’alerte »

Le principe de cet appel, lancé le 8 mars 2016 sur le site de l'OVEO sous le titre Appel à la création d'un réseau solidaire contre la violence éducative ordinaire, a été révisé lors de notre assemblée générale du 23 novembre 2016.

Nous proposerons prochainement sur cette page un rappel de l'état de la législation existante concernant toute forme de violence de la part d'un enseignant ou d'un professionnel de l'enfance. Les parents qui, entre-temps, souhaiteraient que l'OVEO envoie une lettre de soutien à l'appui de leur demande lorsqu'ils écrivent à une inspection académique pour signaler la violence d'un enseignant peuvent continuer à nous écrire à l'adresse de l'association : contactez_nous@oveo.org, ou à l'adresse ci-dessous.

Nous conservons sous forme de fichier confidentiel les coordonnées des personnes et associations "ressources" qui ont déjà répondu ou répondraient encore à cet appel pour soutenir localement, ou selon leurs compétences, les demandes de soutien que nous recevrions, soit à l'adresse de contact de l'association, soit à celle de l'appel ci-dessous : solidarite-violence-educative@oveo.org.


Articles et témoignages à lire sur le même sujet (vous trouverez d'autres articles en lien à la fin de ceux-ci) :


Mars 2016. Appel à la solidarité entre parents, enseignants, éducateurs, professionnels de l’enfance et associations pour briser la loi du silence entourant les pratiques de violence éducative ordinaire dans l’enseignement et sur les lieux d’accueil

Nous, membres de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO, www.oveo.org), invitons tous les parents, enseignants et professionnels de l’enfance (en exercice ou en formation), élus, services sociaux et associations de bonne volonté à nous contacter afin de créer un réseau solidaire qui interviendrait dans des situations où, en dehors des familles, les enfants de tous âges sont maltraités au sens le plus large du terme : violences physiques et psychologiques souvent considérées comme « petites » eu égard à la tradition, mais lourdes de conséquences sur l’avenir des enfants.

Le bon sens et l’observation directe nous le disaient déjà depuis longtemps, mais on sait aujourd’hui sans plus le moindre doute que les brutalités physiques (fessées, gifles, tirer les cheveux ou les oreilles, secouer, bousculer, infliger des punitions douloureuses), ainsi que les violences psychologiques (menace, moquerie, jugement, punitions de toute sorte, à quoi il faudrait ajouter les récompenses, puisqu’elles servent elles aussi à contrôler les enfants, à les mettre en compétition entre eux et à les rendre dépendants d’un système d’évaluation) sont une cause de stress, de destruction de l’empathie, du sens moral, de l’estime de soi et de la confiance en soi, ainsi que de la motivation à apprendre (motivation intrinsèque).

Plus aucun professionnel ne devrait ignorer les découvertes scientifiques sur le fonctionnement du cerveau et sur le développement des enfants de la naissance à l’âge adulte. Malheureusement, ces connaissances ne font guère partie de la formation des enseignants et de la plupart des professionnels de l’enfance. Les médecins et psychologues eux-mêmes sont rarement sensibles aux effets de la maltraitance dite « légère », ne savent pas la repérer, ou la considèrent comme normale et nécessaire. Toute cette ignorance est la conséquence d’une tradition ancienne (dans les familles comme dans l’ensemble de la société), qui se perpétue de génération en génération par le mécanisme du déni et du refoulement à l’âge adulte des souffrances de l’enfance.

Il est difficile pour un adulte de reconnaître qu’il a souffert en vain, qu’il aurait pu être plus heureux s’il avait été traité avec respect et amour. Mais aujourd’hui, grâce aux découvertes des neurosciences et grâce à la lente évolution d’une minorité de plus en plus nombreuse d’adultes « conscients », il devrait être possible de briser la loi du silence entretenue dans ces situations de maltraitance très souvent couverte par les institutions, même lorsqu’elle n’a rien de « léger », et à plus forte raison lorsqu’elle est considérée comme normale, voire souhaitable, par beaucoup de parents.

Souvent aussi, même les parents de bonne volonté ignorent ce qui se passe à l’école, parce que les enfants sont sous influence, se croient eux-mêmes coupables de ce qu’on leur fait (ils l’ont « mérité »), puisque leurs parents les laissent (par ignorance, par déni, par commodité, par peur de l’autorité) dans ces situations et tentent de les persuader que c’est « pour leur bien ». Quelques années plus tard, on s’étonnera de voir ces mêmes enfants devenus adolescents refuser le système scolaire, brutaliser leurs camarades et les enseignants, comme s’ils n’avaient pas d’histoire, comme s’ils avaient toujours été ainsi, de nature, alors que tous les êtres humains sont doués à la naissance de capacités prosociales remarquables et ne demandent qu’à aimer et être aimés, respecter et être respectés.

Sur une planète mondialisée où le niveau de violence, de compétition, de destruction économique et écologique menace jusqu’à notre survie, il est temps que les adultes – parents, professionnels et simples citoyens – de bonne volonté se mobilisent pour défendre activement les enfants dans les situations où ils sont abandonnés de tous.

L’OVEO appelle à la création d’un réseau informel de solidarité afin de mettre en relation, dans le plus grand nombre possible de situations, les « lanceurs d’alerte » isolés, voire menacés, et des personnes ou associations « ressources » qui interviendraient par des moyens divers pour les soutenir et remédier dans l’intérêt de tous à ces situations. Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur quelque profession que ce soit. Tout comme les parents, les enseignants et les professionnels héritent d’un système et d’une tradition. Il s’agit aussi de les aider (dans la mesure du possible) à prendre conscience des conséquences de leurs actes, ne serait-ce qu’afin qu’on ne se contente pas de les déplacer pour qu’ils recommencent ailleurs les mêmes agissements. Mais les enfants n’ont en aucun cas à en payer le prix.

Jusqu’ici, la plupart des parents n’avaient généralement pas d’autre recours, pour défendre leurs enfants, que de les retirer de l’école, du lieu de garde ou de l’institution où ils étaient maltraités, abandonnant les autres enfants à leur sort. De même, les professionnels qui souffrent d'être les témoins impuissants de cette violence éducative institutionnalisée doivent pouvoir sortir de leur isolement et trouver du soutien pour que leur indignation légitime vienne en aide aux enfants victimes. Ensemble, nous devons mettre en demeure les institutions de changer, de ne plus agir contre l’intérêt des enfants pour protéger une hiérarchie défaillante.

Parents, professionnels, associations qui souhaitez dénoncer de telles situations ou intervenir pour aider d’autres personnes à le faire, contactez-nous à l’adresse solidarite-violence-educative@oveo.org (ou par courrier à Olivier Maurel, 1013C, chemin de la Cibonne, 83220 Le Pradet) en précisant où et de quelle façon vous pouvez intervenir, directement ou indirectement. Vos coordonnées ne seront en aucun cas rendues publiques, mais seulement communiquées, avec votre accord, aux personnes avec qui nous pourrions vous mettre en relation.

Ensemble, soyons la voix de nos enfants !