Vous dites : « C’est épuisant de s'occuper des enfants.» Vous avez raison. Vous ajoutez : « Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. » Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser.

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK.

32 ans, parent militaire. Cela a duré jusqu’à 20 ans

Témoignage reçu en réponse au questionnaire du site.

1) Avez-vous subi vous-même de la violence éducative au cours de votre enfance ? Sous quelle forme ?

Oui, par mon père. Il était militaire et prônait une discipline stricte et dure. Pour lui un enfant ne s'éduquer pas il fallait le dresser. Ma mère ne l'a jamais contredit dans ce sens. Mon petit frère (3 ans de moins que moi) et moi avons subit sa terreur. Il nous corrigeait avec cuillère en bois, martinet, bâton (tuteur de plante), cravache d'équitation, ceinture2) A partir de et jusqu'à quel âge ?

Je ne me souviens pas vraiment de ma première trempe mais cela à durer jusqu'à 20 ans.

3) Par qui ? (père, mère, grands-parents, autre personne de la famille ou de l'entourage, enseignant...)

Mon père avec le soutien de ma mère

4) Cette ou ces personnes avaient-elles elles-mêmes subi de la violence éducative dans leur enfance ? De quel type, pour autant que vous le sachiez ?

Je ne sais pas

5) Vous souvenez-vous de vos sentiments et de vos réactions d'alors (colère, tristesse, résignation, indifférence, sentiment d'injustice ou au contraire de l'avoir “bien mérité”...) ?

Longtemps je croyais mériter ces corrections. Il le répétait souvent. « Celle la tu ne la pas voler » ou « Tu sais ce que tu as mérité ». Puis ensuite il y' au eu la tristesse, la colère et la résignation. Je me disais j'ai un père très sévère je n'y peux rien.

6) Avez-vous subi cette(ces) épreuve(s) dans l'isolement ou avez-vous eu le soutien de quelqu'un ?

Nous nous soutenions mutuellement avec mon frère.

7) Quelles étaient les conséquences de cette violence lorsque vous étiez enfant ?

J'avais une peur bleue de mon père. J'étais un enfant sage, docile et soumis. Il gérait complètement notre emplois du temps.

8) Quelles en sont les conséquences maintenant que vous êtes adulte ? En particulier vis-à-vis des enfants, et notamment si vous êtes quotidiennement au contact d'enfants (les vôtres, ou professionnellement) - merci de préciser le contexte ?

Manque de confiance en moi, timidité maladive.

9) Si vos parents ont su éviter toute violence, pouvez-vous préciser comment ils s'y sont pris ?

10) Globalement, que pensez-vous de votre éducation ?

Même si je suis devenu quelqu'un de sérieux avec une situation je pense que cela aurai pu se passer autrement

11) Viviez-vous, enfant, dans une société où la violence éducative est courante ?

En France dans les années 1980.

12) Si vous avez voyagé et pu observer des pratiques coutumières de violence à l'égard des enfants, pouvez-vous les décrire assez précisément : quel(s) type(s) de violence ? par qui ? à qui (sexe, âge, lien de parenté) ? en quelle circonstance ? pour quelles raisons ? en privé ? en public ?

13) Qu'est-ce qu'évoque pour vous l'expression « violence éducative ordinaire » ? Quels types de violence en font partie ? Et quelle différence faites-vous, le cas échéant, entre maltraitance et « violence éducative ordinaire » ?

Le fait de lever la main sur un enfant est une violence et de la maltraitance

14) Avez-vous des objections aux idées développées par l'OVEO ? Lesquelles ?

15) Comment nous avez-vous connus : site ? livre d'Olivier Maurel ? salon ? conférence ? autres ?

Moteur de recherche.

16) Ce site a-t-il modifié ou renforcé votre point de vue sur la violence éducative à l'égard des enfants ?

17) Si vous acceptez de répondre, merci de préciser sexe, âge et milieu social.

32 ans parent militaire