Vous dites : « C’est épuisant de s'occuper des enfants.» Vous avez raison. Vous ajoutez : « Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. » Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser.

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK.

Brisons les prisons des emprises !

Ces poèmes reçus en 2017 n'avaient pas été publiés - toutes nos excuses à l'auteure pour ce retard...

BRISONS LES PRISONS DES EMPRISES !

Toutes les filles de mère toxique sont empoisonnées. Elles ont croqué les pommes rouges de la honte, de la colère, et finissent par mourir de sanglants sanglots.
C’est alors qu’elles peuvent renaître par la fenêtre secrète de leur être…

L’innocence offensée
Son enfance emportée
Une fillette en miettes
Ligotée au foyer
Si broyée, non choyée
Vivotait étouffée
Seule elle se parlait

Un je d’enfant
Je suis un dessein fait de toutes les douleurs
Des briques de l’ego je fabrique mes faux
Bêt’alpha, je joue des mots pour déjouer ces maux

Ses mots, ces morts…
Si certains mots guérissent, d’autres mots sévissent
Tissent des vices qu’ils glissent aux fils et filles
Pris au risque de maux qui s’invitent, s’immiscent
En leur vie les limitent puis les éliminent
En imitant leurs cris ils impriment le crime
Dans tous les esprits qu’ils brisent git l’Ennemi.

Maman m’a menti
Papa est parti
Moi je suis trahie

S’est opéré le procédé, m’a possédée
À ma part hantée, l’âme en plaies, j’ai trop cédé
Elle m’habite, abîme ma fragile argile
Nulle identité, juste une vide entité
Elle me harcèle, et martèle, crie, appelle
Maternelle me serre et me lacère : adhère !
Timorée, je survis, ignorée, isolée…

Nelsy Guérin

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