Quand on a rencontré la violence pendant l'enfance, c'est comme une langue maternelle qu'on nous a apprise.

Marie-France Hirigoyen.

La personne que j’ai le plus aimée est celle qui m’a fait le plus mal

Témoignage reçu en réponse au questionnaire du livre La Fessée, Questions sur la violence éducative, d'Olivier Maurel.

Avez-vous vous-même été frappé ? A partir de et jusqu'à quel âge ?
oui, je ne me rappelle pas à partir de quand, mais la dernière claque "éducative" remonte à l'age de 11 ou 12 ans.

Par qui ? (père, mère, grands-parents, frère, oncle, autre personne de la famille ou de l'entourage, enseignant...).
ma mère

Celui ou celle qui vous a frappé avait-il (ou elle) subi des châtiments corporels ?
Je ne sais pas

Viviez-vous dans une société où les enfants sont couramment frappés ?
en france dans les années 80/90

Cette manière de vous faire obéir vous a-t-elle été profitable ?
non, car c'était arbitraire et plus pour se défouler ou exterioriser une pression que à but didactique. Cela m'a appris en revanche à avoir peur de ma mère, à me dévaloriser et à ne pas croire en l'"amour". La personne que j'ai le plus aimé est celle qui m'a fait le plus mal , du coup ma confiance en l'humanité en général était très faible.

Avez-vous l'impression d'en subir encore les conséquences ?
Je ne crois pas mais il y a un long cheminement intérieur et une volonté de comprendre.

Avez-vous subi cette épreuve dans l'isolement ou avez-vous eu le soutien de quelqu'un ?
Dans l'isolement, au sein de la famille, mon père était effacé et c'était la guerre avec mon seul frère.

Voyez-vous un rapport entre votre éducation et votre opinion actuelle sur les châtiments corporels ?
Oui, en essayant de comprendre ma mère, j'ai beaucoup réfléchi sur la violence en général, puis sur l'éduquation non-violente.

Avez-vous des objections aux idées développées sur ce livre ? Lesquelles ?
Le cas des enfants éduqués sans violence envers et autour d'eux, qui frappent les autres enfants même après explications. Les drogues ne sont pas forcement une conséquence, cela peut être une démarche de recherche. L'alcool en revanche est aussi culturel que les coups, la corrélation pourrait être intéressante à étudier. Je trouve aussi qu'il manque un paragraphe de présentation expliquant les chatiments corporels et en quoi les comportements courants (claques, fessées) sont aussi des violences.

Ce livre a-t-il modifié ou renforcé votre point de vue sur les châtiments corporels ?
renforcé

Si vous avez voyagé et pu observer des pratiques coutumières de châtiments corporels sur les enfants, pouvez-vous les décrire assez précisément : quelles punitions ? infligées par qui ? à qui (sexe, âge, lien de parenté) ? en quelle circonstance ? pour quelles raisons ? en privé ? en public ?

Si vous acceptez de répondre, merci de préciser sexe, âge et milieu social.
Femme, 33 ans