Vous dites : « C’est épuisant de s'occuper des enfants.» Vous avez raison. Vous ajoutez : « Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. » Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser.

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK.

Le roman de la Gifle

Par Alexandra Barral, membre de l'OVEO

Le récit qui suit rappelle étrangement l’histoire de François Bayrou qui, en 2002, avait giflé un enfant de 10 ans qui lui faisait les poches. "Le candidat à la présidentielle avait estimé quelques jours après que cette gifle était un geste de père de famille […] sans gravité1."

Ce geste avait à l’époque valu à François Bayrou un regain de popularité. A notre connaissance, François Bayrou n’a été aucunement inquiété pour son geste, alors qu’il l’aurait évidement été s’il avait frappé un adulte. Ceci a de quoi nous interpeller.

L’agression physique sur un adulte n’est pas tolérée. Mais quand il s’agit d’un enfant, on dit alors qu’elle a une valeur éducative. Cette fois, c’est un maire de 63 ans, Maurice Boisart, qui a administré une gifle à un adolescent. Il a été, lui, condamné à 1 000 euros d’amende le 17 février 2012.

L’article ci-dessous, paru dans Le Monde du 9 mars 2012 sous la plume de Pascale Robert-Diard, rapporte les faits et les nombreux témoignages de sympathie pour le maire :

Monsieur le maire, c'est avec stupéfaction que mon épouse et moi-même avons appris...", "C'est en qualité de père, grand-père, ancien instit, engagé dans le monde associatif, que je tiens à vous apporter mon soutien moral...", "Rempli d'une réelle indignation, je me permets de vous adresser ces quelques lignes de réconfort...", "C'est le cœur serré, mais aussi révolté que je vous écris...", "Simple citoyenne, permettez-moi de vous faire part de ma sincère sollicitude...", "Au nom du conseil municipal unanime, je tiens à vous assurer de notre entière solidarité...", "Mon voisin se joint à moi pour vous faire part de son estime...", "J'ai 59 ans et ma mère de 85 ans est dans le même état d'esprit que moi, nous vous soutenons..."

Ceux-là n'ont pas attendu que "l'affaire de la gifle" s'invite dans le débat présidentiel. Depuis qu'il a été condamné, le 17 février, à 1 000 euros d'amende avec sursis pour avoir giflé un adolescent de son village qui escaladait un grillage, Maurice Boisart, 63 ans, maire de Cousolre (Nord), a reçu plus de mille cinq cents messages de soutien. Et ce n'est pas fini. Chaque jour, une épaisse chemise remplie de nouveaux courriers est déposée sur son bureau. On écrit de toute la France, grandes villes, banlieues, sous-préfectures ou villages, mais aussi de la Belgique toute proche, de Suisse, des Etats-Unis ou de Bangkok. Par courriel, bien sûr, mais surtout par lettres. On jette sa colère au stylo-bille sur une simple page de bloc-notes à petits carreaux, ou à la plume sur un épais vélin.

On dit son incompréhension sur une carte de visite personnelle ou un bristol professionnel. On griffonne quelques mots de réconfort au dos d'une carte postale de Notre-Dame-de-l'Assomption à Clermont-Ferrand, d'une vue de la corniche en Vendée, d'une plage de Bretagne, d'un château de la Loire, du beffroi d'Evreux, des vieilles maisons de Fougères, d'un quartier de Toulon, ou de la cité de Carcassonne. On affiche sa solidarité sur papier à en-tête officiel d'une mairie ou d'un conseil général. On partage son désarroi et on en profite pour raconter sa vie sur un feuillet double orné d'une grappe de raisin, d'un bouquet de fleurs ou d'un papillon.

Cette gifle qui a échappé au maire de Cousolre un jour d'août 2010, c'est la leur. Comme celles qu'ils ont données, celles qu'ils ont reçues, celles qui, pour eux, se sont trop perdues. De ce roman épistolaire national, c'est peut-être cela que l'on retient d'abord : la France est un pays de giflés reconnaissants et de gifleurs assumés. "J'ai 78 ans, un casier judiciaire vierge, et je le dois en partie à la sanction immédiate qui suivait mes nombreuses incartades." Je suis chauffeur routier et je remercie mon instituteur de m'avoir baffé. D'ailleurs, je lui téléphone de temps en temps." Je me souviens de la gifle magistrale reçue de mon instit quand j'avais 12 ans parce que je chantais trop fort dans les escaliers, la punition avait été mentionnée dans mon cahier du jour, mon père la tripla." "Un grand merci pour ce geste trop rare. J'ai 57 ans, j'en ai fait des bêtises quand j'étais jeune, mais je me serais bien gardé d'en parler à mes parents, j'en prenais au moins une deuxième."

Des "gifles", "calottes", "claques", "torgnoles" ou "petites corrections", ils en revendiquent quelques-unes. De Gif-sur-Yvette, une professeure retraitée d'histoire-géo raconte avoir giflé l'une de ses élèves qui, lors d'une projection en classe du film Nuit et brouillard, avait éclaté de rire en voyant les femmes nues emmenées à la chambre à gaz. "A la fin de l'heure, c'est elle qui est venue s'excuser. Et, quelques années plus tard, alors qu'elle assistait à une réunion pour sa plus jeune sœur, elle a raconté que ce geste lui avait appris, pour la vie, le respect de l'autre", écrit-elle. "Je ne suis pas un adepte des fessées ou des gifles, mais dans un pareil cas, mon fils en aurait pris une seconde", écrit Eric. Comme Naguib, qui affirme : "Si mon fils avait insulté une personne plus âgée, je peux vous dire qu'il aurait entendu parler du pays !"

Ils se disent "outré", "écœuré", "indigné", "scandalisé", "ulcéré", "effaré", "consterné" et peut-être plus encore "désorienté" par le jugement qui a condamné Maurice Boisart. Au nom de la gifle "d'utilité publique", ils sont prêts à se lever. "Jamais de ma vie, je n'ai manifesté dans la rue. Là, je suis décidé à le faire", écrit Paul, 62 ans. Nouredine demande comment faire "pour envoyer mon modeste soutien de 10 euros". Un ancien commandant de gendarmerie et un "vieil instit écœuré" proposent, eux aussi, de participer financièrement, une "mère de deux adolescents" a scotché une pièce d'un euro à sa lettre.

"Où va notre justice ?", s'interrogent-ils, qui "laisse s'envoler les incivilités", "contribue à renforcer un certain sentiment d'impunité et à réduire encore l'autorité", "préfère soutenir les malfrats", "inique et honteuse". Et que font ces juges, "des nantis soixante-huitards trop bien payés", qui "vivent dans un monde où ils sont à l'abri des tracas quotidiens" ?

De ce sondage grandeur nature émerge une France nostalgique d'une époque où l'on respectait "Monsieur le maire", mais aussi "l'instit" ou "le professeur". Ils sont nombreux, d'ailleurs, enseignants actifs ou retraités, inspecteur d'académie, proviseur de lycée ou principal de collège "avec palmes académiques" à avoir pris la plume pour s'indigner. Une professeure de mathématiques : "Ce que vous avez subi est notre lot quotidien, particulièrement dans un petit collège de campagne comme le mien."

Une autre a simplement joint à ses quelques mots de soutien un dessin humoristique : 1969, une institutrice droite et sévère, en chignon, regarde deux parents furieux lancer à leur fils honteux : "C'est quoi ces notes ?" 2009 : devant un gamin hilare, les mêmes parents furieux s'en prennent à l'enseignante tremblante de peur : "C'est quoi ces notes ??"

Un assistant d'éducation époux d'une enseignante, se lamente : "Nous sommes confrontés tous les jours aux adolescents et à leur manque total de respect sans qu'aucune sanction ne soit jamais appliquée." Un médecin de Troyes lui fait écho : "Nous rencontrons de plus en plus de difficultés avec les incivilités répétées de nos patients." Un pompier renchérit : "Les gendarmes ne sont plus respectés, les pompiers sont caillassés, bref, y en a marre." Un couple de "jeunes commerçants" confirme : "Chez nous, c'est tous les jours." Un surveillant pénitentiaire observe : "Comme vous, je vois partir la société en vrille."

Plus encore que les juges, ce sont les parents "fuyant leur responsabilité d'éducateurs", "débordés par toute cette société matérialiste" qui sont montrés du doigt. "Ils ont baissé les bras", "se déculpabilisent en encensant leur progéniture". , demande Janine, de Charente. "Aujourd'hui, les familles n'ont qu'un seul principe : mes enfants ont toujours raison", assure ce maire et ancien enseignant qui dit avoir constaté "la démission progressive des parents". Au règne de "l'enfant-roi", une mère oppose cet adage entendu de la bouche de son père : "Il disait toujours : "Si tu ne veux pas que ton enfant te fasse pleurer quand il aura 15 ans, fais-le pleurer quand il en a 3.""

On convoque Platon - en au moins six exemplaires - "Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants. Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles. Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter(...) alors c'est le début de la tyrannie", pour mieux soutenir "le geste de père de famille" de Maurice Boisart. On s'en prend au "galopin", "voyou", "sauvageon", "petit con", "petit morveux", "vaurien", "jeune crétin", "racaille" ou "garnement" qui lui faisait face. "N'ayez pas honte", "vous vous êtes comporté en citoyen", "vous devriez avoir la Légion d'honneur, plutôt qu'une amende", "ne soyez pas triste, c'est le monde qui ne tourne pas rond, pas vous". Un chef de service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent lui propose son témoignage en appel : "Le jeune qui vous a menacé aurait dû avoir honte, et son père aurait dû augmenter sa honte en le punissant. En agissant comme vous l'avez fait, vous avez simplement assumé une position d'adulte." Un maire du Rhône approuve : "La méthode peut être contestée, mais ce n'est pas le geste en lui-même qui importe, c'est ce qu'il symbolise. Vous avez refusé le laisser-faire."

Avec le monde enseignant, les maires sont nombreux à s'être manifestés. "Nous nous sentons abandonnés par la République qui est censée nous protéger d'individus qui connaissent leurs droits mais ignorent leurs devoirs." Ils dénoncent un jugement "qui traduit une méconnaissance des réalités du terrain" et "rend un mauvais service au civisme et, au final, à la démocratie".

Alors, on s'interroge dans l'Aisne : "Marine ferait-elle mieux ?" Dans la Sarthe : "Va-t-il falloir voter Front national pour retrouver le respect de nos valeurs et de nos élus ?" On s'inquiète au Pouliguen : "Tout cela fait le jeu des extrémistes de tout bord que je ne cautionne pas." On soupire à Cousolre : "Quand un chef d'Etat dit à l'un de ses concitoyens : "Casse-toi, pauvre c...", ne soyez pas surpris des insultes des jeunes."

On vient rôder aussi autour de l'histoire de ce maire et son impressionnante popularité. Un responsable Front national du Nord s'est empressé de l'assurer de son soutien, un autre du Mouvement national républicain du Rhône lui adresse son magazine. Et Nicolas Sarkozy ne manque désormais plus une occasion de lui rendre hommage. Lorsqu'il l'a entendu évoquer une première, puis une seconde fois, "l'affaire de la gifle", Maurice Boisart confie avoir été un peu mal à l'aise. "Que le président de la République apporte son soutien à un petit maire du Nord, je suis d'accord, c'est dans le cadre de ses fonctions. Mais pas dans le but d'une récupération politique."

Dans la pile de courrier, M. le maire saisit trois lettres. Celle d'un homme à l'écriture maladroite qui lui demande d'excuser ses fautes d'orthographe "parce que je ne suis pas allé longtemps à l'école", une carte postale de Bastia signée Angèle et Rosa, qui lui envoient "un peu de notre soleil, c'est tout ce que l'on peut vous offrir". Et les mots griffonnés par ce père : "Je viens de perdre mon fils de 15 ans qui jouait dans un chantier près de la maison, après avoir enjambé un grillage. Pourquoi aucun adulte n'était-il là ce jour-là, pour le gifler et l'empêcher de grimper ?"


Cette affaire, comme toutes celles du même genre, soulève des vagues de sympathie. On écrit des quatre coins de la planète à ce maire pour le soutenir et approuver son geste. La violence éducative est universellement cautionnée, dans le temps et dans l’espace. L’ancrage mental de la légitimité de la violence éducative est bien universel. Les gens sont très majoritairement en faveur de ce que nous considérons comme de la violence éducative. Oui, affirme l'auteure de l'article, "la France est un pays de giflés reconnaissants et de gifleurs assumés". 82 % des Français (et 81 % des parents) sont opposés au projet de loi proposant l’interdiction de la fessée dans le Code Civil (proposition soutenue par la députée Edwige Antier), contre 17 % qui y sont favorables (même proportion chez les parents). Par ailleurs, 66 % des parents n’ayant jamais donné de fessées y sont également opposés2.
L’"Union des Familles en Europe" a réalisé en 2006/2007 une enquête portant sur 685 grands-parents, 856 parents et 776 enfants qui ont spontanément répondu sur le site Internet. Les trois générations ont toutes reçu des fessées : 95 % des grands-parents, 95 % des parents et 96 % des enfants. Les enfants giflés par leurs parents les remercient de leur violence et deviennent à leur tour des « gifleurs » ou fesseurs assumés, selon un engrenage qui fait que l’enfant idéalise ceux qui l’ont malmené...

Derrière la valorisation de la gifle ou la fessée, derrière l’autorisation d’en donner, se trouve la volonté de maintenir l’emprise de l’adulte sur l’enfant, de restaurer ou de conserver "l’autorité" de l’adulte et le fait que l’enfant doive se soumettre à plus vieux que lui. Aussi voit-on dans l’article apparaître tous les dépositaires de l’autorité : parents, grands-parents, mais aussi tous les adultes qui sont vus nécessairement comme respectables en soi du simple fait qu’ils sont adultes, les enseignants, les dirigeants politiques. L’illustration laisse également suggérer qu’entre une violence sur les enfants ou une violence sur les enseignants, il n’y a pas d’alternative, qu’il ne peut y avoir que des rapports de dominants et de dominés entre les individus : soit les adultes dominent, soit ce sont les enfants (avec un petit sourire diabolique sur le visage !), et il vaut mieux gagner contre eux si on ne veut pas être tyrannisé. L’article témoigne de cette idée que l’enfant, s’il n’est pas maté, va prendre le pouvoir sur l’adulte et lui rendre la vie impossible.

L’attitude du psychiatre spécialiste de l’enfant et de l’adolescent (sic !) corrobore cette idée que l’enfant est un être pulsionnel qu’une éducation ferme, sinon violente, doit faire devenir sage et discipliné. "Le jeune qui vous a menacé aurait dû avoir honte, et son père aurait dû augmenter sa honte en le punissant. En agissant comme vous l'avez fait, vous avez simplement assumé une position d'adulte." Outre qu’il semble ignorer que la gifle est une agression physique intolérable sur qui que ce soit, ce spécialiste, en plus de l’agression physique, demande qu'on y ajoute la honte, l’humiliation. Ce qu’il recommande, c’est finalement une spirale de violence, puisque que l’enfant frappé, puis humilié, peut alors nourrir un sentiment de vengeance (qu’il exercera sur plus faible que lui, exactement comme le font les adultes) et/ou une forme d’autodévaluation : se sentant alors coupable, responsable, indigne et bon à rien, l’enfant se persuade qu’il l’a bien mérité.

"Un grand merci pour ce geste trop rare. J'ai 57 ans, j'en ai fait des bêtises quand j'étais jeune, mais je me serais bien gardé d'en parler à mes parents, j'en prenais au moins une deuxième." Ce que ne semble pas voir ce monsieur, c’est que les enfants élevés dans la peur de la sanction éducative ne font ensuite plus les choses qu’en fonction de la sanction ou non. Pour eux, justement, tout est permis à condition de ne pas être vu, à condition que le père ou la mère qui frappent ne soient pas au courant. On peut alors faire n’importe quoi, et surtout se venger sur plus faible, libérer sa rage de ne pas pouvoir répondre aux coups. Outre le fait que l’enfant frappé reproduit ce geste sur d’autres par mimétisme, l’adulte qui frappe est vu comme la puissance enviable qui peut tout.

Quant à ce monsieur qui vient de perdre son fils, on ne peut évidemment que regretter ce drame qui le frappe et l’assurer de notre compassion ; mais pour empêcher un enfant d'avoir un geste dangereux, n’y a-t-il pas d’autre moyen que la gifle ? Ne peut-on pas envisager de lui parler, voire de le retenir ? Dans les commentaires des internautes qui suivent l’article, on trouve ceci : « La lettre du père qui a perdu son fils, si elle est vraie, illustre la différence entre une gifle violente et une gifle éducative. » Cette pseudo-distinction souvent avancée ne tient nullement. Il n’existe pas de gifle "non violente", et une gifle éducative est tout aussi violente qu’une gifle dont le but serait autre. Une gifle n’est éducative que dans la tête de celui qui la donne, non dans celle de celui qui la reçoit : pour un enfant comme pour un adulte, c'est un geste violent, une agression pure et simple.

Rappelons enfin qu’il est interdit de frapper qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit, la légitime défense n’étant nullement une autorisation de frapper. L’article R 624-1 du code pénal prévoit une contravention de quatrième classe pour les violences légères (celles qui ne causent aucune interruption temporaire de travail.) Or, bien peu de personnes s’insurgent contre le fait que donner une gifle constitue un acte violent strictement interdit pas la loi. Que ce soit un enfant ou un adulte ne devrait pas entrer en ligne de compte. Ou si cela devait être le cas, il faudrait même penser qu’il est plus grave de frapper un enfant, ou un mineur, compte tenu de sa faiblesse, par exemple. C’est d’ailleurs ce que fait la loi en considérant comme une circonstance aggravante le fait de frapper un enfant. « Le code pénal prévoit des peines de cinq à dix ans de prison et de fortes amendes pour celui qui commet des violences dites habituelles sur un mineur de moins de quinze ans (article 222-14 du code pénal) et des violences aggravées sur un mineur de moins de quinze ans (articles 222-11, 222-12 et 222-13 du code pénal3. » "Où va notre justice ?" demande dans l’article un monsieur qui s’indigne de la condamnation du maire. La justice française, aujourd’hui encore, permet à un père de famille de frapper un enfant sous couvert d’éducation tandis que tous les adultes sans exception sont protégés contre les coups. Ce qui aurait été inquiétant, c’est que ce maire n’ait pas été condamné, et peut-être faudrait-il plutôt s’insurger contre l’absence de condamnation de François Bayrou en 20024.

Cet article et les nombreuses réactions des lecteurs témoignent s’il en est encore besoin du fait que la violence éducative a de beaux jours devant elle. Voici le commentaire d’une lectrice, Marie–Noëlle : « Alice Miller doit se retourner dans sa tombe. Allez sur le site OVEO [...] on ne sait jamais, quelques-uns d'entre vous pourraient découvrir la cécité émotionnelle et comprendre pourquoi tous ces adultes défendent si âprement leurs parents... »


1. Le Figaro.
2. Sondage Sofres 2009.
3. Voir sur notre site l'article du juriste Pierre-Brice Lebrun :La fessée est-elle un attribut de l'autorité parentale ?
4. L'article du Figaro déjà cité (voir note 1) explique d'ailleurs que le jeune homme qu’a giflé François Bayrou il y a dix ans vient d’être condamné à quatre mois de prison pour violence contre des policiers. L’article suggère que ce jeune homme a finalement manqué d’une éducation sévère, il réhabilite donc une fois de plus le geste de François Bayrou et ne s’interroge pas autrement sur la racine de la violence de cet enfant.