Pourquoi appelle-t-on cruauté le fait de frapper un animal, agression le fait de frapper un adulte et éducation le fait de frapper un enfant ?

Lettre ouverte du Dr Christian Peyrat

Nous publions ci-dessous la lettre ouverte aux autorités du Dr Christian Peyrat, fondateur de l'association et du site Le Berceau du cœur. Malgré le style très personnel de ce "coup de gueule", qui s'explique sans doute par le long combat mené par le Dr Peyrat dans des conditions difficiles, nous avons souhaité faire connaître son action pour favoriser l'attachement dès la naissance entre parents et enfants, condition nécessaire d'une relation sans violence. Il propose sur son site des ressources (vidéos, film) pour aider les parents et les professionnels et présente ainsi son action :

« L’association "le Berceau du cœur" a pour but :

- de promouvoir et soutenir toute initiative en faveur de la bientraitance des bébés et enfants,

- d'accompagner les parents dans l'établissement d'un lien affectif harmonieux parent-enfant au travers d'une communication avec l'enfant dès la naissance.

Membre fondateur : le docteur Christian Peyrat. Le Dr Peyrat est un pédiatre, expert près la cour d'appel, auteur d'un concept novateur élaboré sur les relations parents/enfants.

Ces recherches ont montré qu'au plus tard le 21ème jour de vie, un véritable échange parents/enfant peut se faire et une communication s'établir. Une fois le contact établi, 99 % des enfants sont des bébés gazouilleurs, ajouter à cela des gestes de bon sens. D'autres études sont en cours. »

Sur la page "On parle de nous", un petit reportage vidéo sur la façon d'interpréter les pleurs du bébé afin d'éviter les situations inconfortables qui les provoquent, et qui conduisent trop souvent à une mauvaise relation et à la maltraitance.

Lire aussi notre article : Le Dr Christian Peyrat, porte-parole et porte-voix au service de la petite enfance.


Lettre ouverte du Dr Christian Peyrat

à Mesdames et Messieurs, les maillons de la chaîne des pouvoirs publics et des décideurs politico-financiers,

Votre intérêt personnel passerait-il avant ou après la petite enfance des autres ?

Qui sommes-nous sinon ceux que nos propres parents ont fait de nous ?

Constituant notre avenir commun à tous, le petit enfant demeure hélas aujourd’hui plus qu’hier une victime exposée à de grands dangers, dont le premier est l'indifférence ou l'ignorance dont la plupart des adultes de tous pays font preuve à son égard.

Depuis plusieurs années, malgré ma maladie j'ai constaté qu'il faut inlassablement se battre contre vents et marées dès lors que vous avez réalisé quelque chose de « bien » et d’inédit, « réussite » en vertu de laquelle vous devenez une « cible » des « trop occupés », des « jaloux », des « pros-qui-savent-tout », des « sachants », des politiciennes et politiciens « trop préoccupés », des ignorants et autres « grincheux » comme le dirait le Dr Albert Grenier.

Ceci peut décourager bon nombre d'entre nous défendant des « causes » justes et louables certes mais dont nous constatons qu'elles ne sont pas ou peu entendues par ceux qu'elles devraient alerter. Concernant la petite enfance, ceux qui n’ont pas compris foncent dans le mur en nous entraînant avec eux, avec leurs œillères et sans le comprendre.

En ayant appris à regarder ma propre mort en face, ma réflexion sur la vie s'est enrichie d'un regard réel sur l'essentiel (qui n'est ni l'argent, ni la violence). Et l'essentiel pour tous c'est de permettre à nos enfants d'exister dès la grossesse au sein de nos attentions, notre empathie et notre affection.

Mais j'ai beau « crier » et être entendu, je reste non compris au sein des mairies successives, dans les administrations ... ou bien je demeure sans réponse (ne serait-ce que pour simplement être entendu, à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale, au Sénat, à l’Unicef, à la télévision, chez Michel Drucker, chez Michel Cymes… L'hermétisme demeure la règle dès lors que l'audimat de la téléréalité par exemple prime dans les pensées des décideurs.

En deux mots, après 32 ans de pédiatrie, mon estimation de la situation est alarmante :

Il y a urgence pour le futur immédiat, mais les décideurs du présent restent sourds.

A défaut d’une information parentale pertinente (nous la connaissons), délivrée à temps et au bon moment (nous savons exactement quand) au moyen d’outils pédagogiques adaptés (nos formations en conférence vidéo-assistées, les DVD, un livre – à venir), l’éducation parentale – responsable et transmise - reste défaillante dans 85 % des cas au cours des 5 premières années de vie de l’enfant (période-clé très connue de son développement cérébral émotionnel, affectif, psychique et physique) quelles que soient les conditions d’environnement au sens large dans lequel il vit.

Ceci crée des conditions d’imprégnation déficitaire et dommageable, induisant chez l’enfant devenant adulte des comportements déviants de tous ordres gravés dans ce qui est devenu progressivement sa « norme ».

Sur les 5 continents, la démographie humaine galopante crée des sources de conflits par le constat populaire d’inégalités, non pas seulement en terme de répartition des richesses superflues ayant trait aux désirs, mais aussi sur la répartition des richesses relatives aux besoins vitaux comme l’accès à l’éducation, à l’eau potable, à la paix, au droit, et à la liberté.

Les conflits et migrations de masse n’en sont qu’à leur début. Et le progrès technologique offre de plus en plus de moyens destructeurs sophistiqués, miniaturisés et mis à disposition du plus grand nombre.

Depuis plusieurs années, nous savons (voir publication officielle) mais vous agissez toujours en aval.

Nous vous proposons d'agir d'urgence en amont pour les futures naissances, en prévention très précoce, sachant qu'il faut aussi continuer votre travail en aval et de façon concommittante sur « l'existant », le temps... d'une génération !

A bons entendeurs…