C'est à l'échelle mondiale qu'il faut désormais inventer de nouveaux concepts mobilisateurs, pour parvenir à cet idéal : l'égalité en dignité et en droit de tous les êtres humains.

Françoise Héritier, anthropologue, ethnologue, féministe, femme politique, scientifique (1933 – 2017)

La Force des femmes

Ce compte-rendu du livre du Dr Mukwege La Force des femmes est suivi de la lettre envoyée le 3 janvier 2015 au Dr Mukwege par Olivier Maurel, qui a attiré son attention sur les liens entre la violence éducative ordinaire, les violences sexuelles et leur utilisation comme arme de guerre. C’est après avoir reçu cette lettre que le Dr Mukwege a commencé à parler de violence éducative, comme il le fait dans ce livre. Voir aussi l’article d’Olivier Maurel Rwanda : de la violence sur les enfants au génocide (2014) et, sur le même sujet, les p. 86-87 de son livre Oui, la nature humaine est bonne ! (2009).

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CIIVISE : l’inquiétude des associations et collectifs de l’enfance

Nous publions ici la tribune rédigée et coordonnée par l'OVEO, Le Collectif Enfantiste et Claf’Outils pour critiquer les conditions de mise en place de la nouvelle CIIVISE et la remise en cause de sa doctrine « Je te crois je te protège ».
Ce texte, paru sur L'Humanite.fr, a recueilli les signatures de nombreuses autres associations que la nôtre : Ancrage, Cap d’agir, Claf’Outils, Collectif enfantiste, Eveil et Sens: Grandir Ensemble, Impact, JUFAM (Justice des Familles), Collective des mères isolées, Lamevit (l'association mille et une victimes d'inceste) Martinique, Association Le Monde à Travers un Regard, Mouv'Enfants, Protéger l'enfant, Tangram, Vers une autre relation adulte enfant.


Depuis le 11 décembre, le gouvernement a annoncé le remaniement de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, allant à l’encontre des demandes des associations de l’enfance. La sortie du juge des enfants Edouard Durand marque un éloignement de la doctrine de l’accueil inconditionnel de la parole des enfants qu’il portait avec son équipe, si importante pour toutes les victimes d’hier et d’aujourd’hui. La remise en doute de la parole de l’enfant et de la compréhension des violences sexuelles elles-mêmes est un véritable recul.

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Le pouvoir des adultes sur les enfants : une introduction pour les jeunes

Texte du dessin : L’adultisme – seulement pour les vieux ! © Natascha Welz

Manfred Liebel et Philip Meade proposent un résumé de leur ouvrage Adultismus. Die Macht der Erwachsenen über die Kinder. Eine kritische Einführung (« L’adultisme. Le pouvoir des adultes sur les enfants. Une introduction critique ») pour rendre leur propos plus accessible aux jeunes lecteur·ices. Le texte a été traduit par Manfred Liebel et Marnie Valentini en français et est disponible ici : Qu’est-ce que l’adultisme ? (« Was ist adultismus »)

Cette version en ligne est ponctuée de questions afin d’inciter le/la lecteur·ice à s’interroger sur sa propre expérience. Les idées des auteurs sont formulées de manière simple, avec de nombreux exemples, sans que la pertinence du propos n’en soit altérée.

La version imprimée en allemand est présentée ainsi :

Dans notre société, les enfants sont souvent méprisés, contrôlés et désavantagés. C’est ce que nous appelons l’adultisme. Ce livre explique le sujet avec un langage simple, des dessins et des photos. Nous montrons comment les jeunes sont touchés par l’adultisme. Dans la famille, à l’école, dans les transports, en politique. Par des règles et des interdictions dans la vie quotidienne.

Mais nous donnons aussi des exemples de ce que les jeunes peuvent faire contre l’adultisme. Et comment les adultes pourraient partager leur pouvoir avec les enfants. Nous pensons que les enfants devraient déjà pouvoir voter. Les droits de l’enfant doivent être connus et appliqués. Et la politique doit changer pour que les enfants la trouvent intéressante.

Cela contribuerait à un monde dans lequel tous sont pris au sérieux et participent à la vie commune. Quel que soit leur âge.

Nous pensons que ce texte devrait être diffusé largement afin qu’un maximum de personnes (jeunes et moins jeunes) puissent être sensibilisées à la discrimination qu’est l’adultisme.
Dans ce but, nous vous proposons ici, avec l'accord des auteurs, deux versions en pdf :

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Une dissolution qui ne dit pas son nom : celle de la CIIVISE

Le gouvernement a décidé de substituer à la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) une structure associative (donc non institutionnelle), et d’écarter celui qui la présidait et était devenu l’incarnation de la dénonciation de ces violences sexuelles faites aux enfants : le juge Durand et son équipe.

Nous publions sa réaction, diffusée au journal de 7 h de France Culture le mardi 12 décembre 2023.

« Depuis plusieurs semaines déjà, on voyait des incertitudes sur le sort de la CIIVISE, on aurait bien voulu la fermer purement et simplement. Qu’est-ce qui gêne avec la CIIVISE ? Les préconisations? La parole des victimes ? Le messager ?
Nous parlons de violences sexuelles faites aux enfants. Nous parlons de ce dont il ne faut pas parler. Nous parlons de l’un des dénis les plus puissants de l’histoire humaine.
C’est toujours le messager qui paie. D’abord l’enfant victime lui-même. Et aujourd’hui, c’est à eux que je pense. Ce qui gêne, c’est l’émergence d’une parole.
La CIIVISE a été instituée le 23 janvier 2021 parce que le président de la République française s’est adressé aux victimes de violences sexuelles dans leur enfance.
Au moment où la CIIVISE restituait ces témoignages, il n’y avait, le 20 novembre, aucune représentation officielle pour respecter ces 30 000 témoignages.
Et dans la communication du gouvernement, aujourd’hui, il n’y a pas eu un seul mot à l’égard de ces personnes. Cette parole ne comptait pour rien, comme si elle n’avait pas existé. Et cet acte aujourd’hui, c’est un acte de déni. »

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Reconnaissance de la domination adulte, et donc des femmes sur les enfants, par une sociologue féministe

Christine Delphy. Photo lmsi.

Nous souhaitons ici vous signaler deux articles écrits par Christine Delphy, sociologue féministe, sur la domination adulte.

La reconnaissance de la domination des adultes, et donc des femmes, sur les enfants est une question douloureuse. Christine Delphy l’aborde dans la préface de son article “L’état d’exception : La dérogation au droit commun comme fondement de la sphère privée1. L’article, paru pour la première fois en 1995 dans Nouvelles Questions féministes, vol. 16, n° 4, est publié actuellement dans Penser le genre.

La première fois que j’ai dit lors d’une réunion féministe informelle ce qui me semblait aller de soi : que les enfants sont un groupe opprimé, l’une de mes amies a fondu en larmes en protestant qu’elle n’opprimait pas ses enfants2. Cela me rappelait l’attitude des premiers hommes confrontés au mouvement féministe, qui se mettaient presque à pleurer en disant qu’ils n’avaient jamais fait de mal à personne. En prétendant être attaqués personnellement, ils mettaient un terme à la discussion. Je n’avais pas cédé à ce chantage-ci, mais je cédai à ce chantage-là. Après tout, c’étaient mes camarades de lutte. Il m’a fallu dix ans, et la circonstance d’être à l’étranger, pour oser écrire ce texte.

Cet aveu est important, et si nous sommes attentifs·ives aux luttes féministes, nous savons que la question est toujours d’actualité. Claire, ancienne membre du collectif #NousToutes, a créé le « Collectif Enfantiste » parce que ses actions pour les enfants au sein du public féministe étaient invisibilisées.

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  1. Article publié dans L'Ennemi principal ; penser le genre, aux éd. Syllepse ; vous le trouverez ici sous forme de brochure A5 (à imprimer en recto-verso) ou ici au format A4 pour impression ou lecture en continu.[]
  2. Dans toutes les citations, c’est nous qui soulignons (note de l’OVEO).[]

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À propos du livre de Bernard Lahire Les Structures fondamentales des sociétés humaines

Dans cet article (précédemment publié sur le blog L'Enfant libre), Jean-Pierre Thielland, membre de l'OVEO, passe en revue les interventions dans les médias de Bernard Lahire, auteur d'un livre paru en 2023, Les Structures fondamentales des sociétés humaines. Olivier Maurel, qui a lu ce livre, en prépare une critique détaillée. On peut lire sur le site de l’éditeur les 50 premières pages (sur 970) du livre : préambule et introduction générale.

Les ressorts de la domination

« Un enfant qui accède à l’autonomie est un enfant qui sait qu’il peut compter sur lui-même, qui a confiance en ses propres capacités sans pour autant refuser d’avoir recours à autrui en cas de besoin. »

John Bowlby, Le Lien, la psychanalyse et l’art d’être parent (p. 12)

Le sociologue Bernard Lahire vient d’écrire un nouveau livre : Les Structures fondamentales des sociétés humaines, publié aux éditions La Découverte. Interviewé dans de nombreux médias, il dit vouloir, avec ce nouvel ouvrage, « raccorder les sciences de la nature – et tout particulièrement la biologie évolutive, l’éthologie, la paléoanthropologie et les sciences sociales – anthropologie, histoire, sociologie, etc. –, [considérées] par beaucoup comme radicalement incompatibles. »

À travers sa recherche, il pose une question qu’il estime fondamentale : quelle est l’origine des rapports de domination ? Et pour y répondre il nous invite à regarder du côté du rapport parent/enfant : « Lexpérience précoce, systématique et durable que nous faisons en tant qu’humains […] le rapport parent-enfant est, quel que soit le degré de bienveillance des parents, un rapport de domination. Et cela constitue une matrice pour comprendre pourquoi la domination, sous des formes extrêmement variées, est omniprésente dans les sociétés humaines 1. »

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  1. Interview sur Médiapart.[]

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Podcast « C’est quoi l’amour, maîtresse ? »

Diffusé en hors-série du très bon Le cœur sur la table (de Victoire Tuaillon), nous vous conseillons le podcast C’est quoi l’amour, maîtresse ?, de Lolita Rivé, journaliste (rédactrice, réalisatrice) devenue institutrice en 2019.

Au fil des 5 épisodes du podcast (octobre-novembre 2023), Lolita Rivé mène l’enquête auprès de ses élèves de CE1 et avec eux lors des séances d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle qu’elle a mises en place dans sa classe et enregistrées. Pourquoi ces séances, inscrites au programme, sont-elles si peu proposées dans les classes et pourquoi éveillent-elles autant de réticences ? Comment le recours à la violence et les stéréotypes de genre sont-ils transmis aux jeunes générations ? Comment apprendre à connaître son corps et savoir le faire respecter ?

Les épisodes sont bien construits, agréables à écouter et instructifs. Nous avons apprécié la clarté de l’illustration du continuum entre violence éducative ordinaire, violences relationnelles et violences sexuelles.

> Voir la présentation détaillée des 5 épisodes, qui cite également de nombreuses sources et références.

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Rassemblements contre les violences faites aux enfants et adolescent·es et en faveur de leurs droits

Le samedi 18 novembre, l’OVEO se joindra au Collectif Enfantiste et à de nombreuses autres associations pour un rassemblement contre toutes les violences faites aux enfants. Des manifestations statiques auront lieu à Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux.

Nous publions ci-dessous l'appel à la mobilisation pour cet événement.


Le 18 novembre, j’agis et je rejoins le rassemblement contre les violences faites aux enfants et adolescent·es. 

Nous avons toutes et tous été des enfants. C’est dans cette période que se sont construites les fondations de nos vies. Chaque sourire, chaque encouragement ont contribué à façonner ce que nous sommes aujourd’hui. Chacun des mots et gestes violents ont rendu nos existences plus difficiles voire impossibles. Aujourd’hui, des milliers d’enfants et d’adolescent·es continuent de souffrir dans une indifférence glaçante. 

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« Défendre la cause des enfants », sur France Culture

Dans l’émission Être et savoir sur France Culture, Louise Tourret a reçu lundi 9 octobre la pédopsychiatre et chercheuse à l’Inserm Laelia Benoit, qui a récemment écrit un court texte, Infantisme, publié aux éditions du Seuil (octobre 2023), et Sorj Chalandon, journaliste et écrivain dont le roman L’Enragé (Grasset, 2023), inspiré de faits réels, vient également de paraître.

Les invités, qui ont en commun la défense du droit des enfants à être reconnus en tant que sujets – et non objets de propriété –, ont été invités pour échanger sur le thème de la défense de la cause des enfants.

Nous partageons cet épisode intéressant avec nos lecteurices car, visiblement sans le savoir, les intervenants défendent ardemment la cause que l’OVEO tente de rendre visible depuis de nombreuses années : les droits humains des enfants.

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« Parleras-tu ? » Un spectacle « tout terrain »

Mise à jour : janvier 2025

photographie du spectacle : les comédiens sont accoudés à une table trop haute pour elles·eux
Photographie © Jules Métayer

Et si c’était pas les ados qui étaient en crise, mais le système ?

« Parleras-tu ? » est un spectacle (à partir de 7 ans) auquel nous n’avons pas encore assisté mais dont l’orientation nous semble très intéressante, car son écriture s’est construite sur la base de paroles d’enfants et d’adolescent·es :

Eva Guland1 écrit : 

D’ateliers de pratique théâtrale en ateliers d’écriture, en passant par de nombreux temps de discussion, nous avons échangé avec des jeunes de huit à dix-huit ans, principalement au sein d’institutions (école élémentaire, collège, maisons d’enfants à caractère social) mais aussi en dehors. Ces témoignages ont nourri en profondeur notre réflexion et l’écriture du spectacle. Souvent enregistrés, ils en constituent la matière première, donnant à entendre les paroles de personnes peu écoutées à cause de leur appartenance à une catégorie sociale : les mineur·es2.
Mêlant écriture de l’intime et écriture du réel, nous créons un spectacle poétique et politique. À partir de cas précis, mêlant fiction et réalité, nous cherchons à comprendre ce qui se joue comme rapports de domination entre adultes et enfants. Dénonçant des violences symboliques et systémiques et les différentes formes qu’elles peuvent prendre, le spectacle laisse aussi place au rêve et aux potentielles alternatives.
En intégrant du burlesque et du second degré dans cette enquête documentaire aux sujets très sérieux, nous utilisons le rire pour mettre une distance qui nous semble, à certains moments, nécessaire. Différents registres d’écriture et de jeu se côtoient donc autour d’une création sonore faite de multiples voix.

Nous encourageons les collèges et lycées à contacter la compagnie Plante Un Regard pour organiser la programmation du spectacle dans leur établissement.

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  1. Eva Guland qui a écrit et mis en scène le spectacle, intervient aux premières Rencontres de l’OVEO sur la domination adulte et la violence éducative ordinaire le 21 octobre 2023 à l'École démocratique de Paris.[]
  2. Note de l’OVEO : le mot « mineur·e » signifie « qui a une moindre importance, secondaire, dérisoire ». Il est une représentation exacte de la considération que la société porte aux plus jeunes ![]

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