Vous dites : « C’est épuisant de s'occuper des enfants.» Vous avez raison. Vous ajoutez : « Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. » Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser.

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK.

18 février : Lueur d’espoir au Maroc ?

Un article qui pose la question Frapper ses enfants : pédagogie utile ou brutalité contre-productive ? a été publié récemment sur le site "La Marocaine", portail dédié à la femme marocaine. Le titre évoquant la possibilité d'agir autrement, ainsi que certaines réactions ou comportements positifs décrits dans les exemples cités, constituent une lueur d'espoir. Les chiffres actuels sur les pratiques et l'usage des châtiments corporels dans les écoles et les familles restent cependant accablants.

Le ou la journaliste souligne fort justement, dans sa dernière phrase, un des aspects essentiels de la violence éducative ordinaire, à savoir la perversion même de cette violence, qui rend aveugles également les plus grands spécialistes : "Il faut reconnaître que si les spécialistes de la question ne sont pas d'accord entre eux, comment de simples parents, qui n'ont pas forcément reçu de formation dans le domaine, et qui souvent ne font que reproduire la violence qu'ils ont subie de leurs propres parents, le pourraient-ils ?"