C’est seulement quand se produit un changement dans l’enfance que les sociétés commencent à progresser dans des directions nouvelles imprévisibles et plus appropriées.

Lloyd de Mause, président de l'association internationale de Psychohistoire.

Hommage à Jacqueline Cornet

Jacqueline Cornet, militante contre les violences éducatives ordinaires, présidente fondatrice avec Alice Miller de l’association « Éduquer sans frapper », créée en 1998 et devenue depuis 2002 « Ni claques ni fessées », est décédée le 20 août 2018.

Dans « Faut-il battre les enfants », article publié en 1996 dans La Revue du praticien, elle mettait en évidence, à la suite d’une recherche effectuée sur 300 jeunes dans trois centres hospitalo-universitaires, les corrélations étroites entre les punitions corporelles reçues au motif de l’éducation et la multiplication des accidents et des maladies. En 1997, elle a publié Faut-il battre les enfants ? Relations entre les accidents et la violence éducative, où elle développait les conditions et les résultats de cette recherche. Elle observait dans sa pratique de médecin généraliste que les enfants le plus fréquemment accidentés n'étaient pas les plus livrés à eux-mêmes mais au contraire ceux qui grandissaient dans les milieux le plus violemment sévères. Les résultats de ses travaux confirmaient l'existence d'une relation de cause à effet entre les coups reçus et la propension ultérieure aux accidents. Jacqueline Cornet invitait à redéfinir les conceptions actuelles de l'éducation, afin d'en éradiquer la violence.

En octobre 2011, elle est intervenue au colloque de la FF2P « Attachement, empathie et violence éducative » en soulignant l’importance de la promulgation d’une loi qui dise clairement le droit des enfants à être élevés sans violences ni humiliations.

Elle n’aura pas connu l’avènement de cette loi qu’elle appelait de ses vœux, mais son combat a participé à l’évolution des mentalités d’une partie de l’opinion publique. Nous saluons son engagement, et dans l’hommage que nous lui rendons, il y a d’abord la poursuite de ce qu’elle a initié : continuer à œuvrer pour que notre pays se dote d’une législation et d’une politique qui protègent réellement l’intégrité de tous les enfants.


Jacqueline Cornet était membre du comité de parrainage de l'OVEO et cosignataire de l'appel des associations de 2007.

Un article à lire sur le blog de Catherine Dumonteil-Kremer Élever son enfant autrement : Jacqueline Cornet, une pionnière qui nous manquera... (entretien avec J. Cornet paru dans le n° 3 de PEPS, avril-mai-juin 2011).