Il est urgent de promouvoir la culture du respect de l’enfant comme “ultime révolution possible” et comme élément fondamental de transformation sociale, culturelle, politique et humaine de la collectivité.

Maria Rita Parsi, psychologue italienne.

Je me suis en quelque sorte anesthésiée

Témoignage reçu en réponse au questionnaire du site.

1) Avez-vous subi vous-même de la violence éducative au cours de votre enfance ? Sous quelle forme ?

ma mère me frappait régulièrement avec une savate, Mon père avait des crises de violences: coup de poing, coup de pieds comme s'il était fou furieux, Une fois, il m'a attaché les mains et m'a frappé avec un bâton quand je n'étais qu'une jeune enfant,
En sixième, j'avais reçu une fessée parce que je n'avais pas ma tenue de sport, Ce n'était pas un oubli de ma part mais le jogging était encore dans le lave linge. Je n'en n'avais pas d'autres,
Une institutrice du CP m’avait tiré les cheveux sans ménagement.

2) A partir de et jusqu'à quel âge ?
Depuis mon très jeune âge jusqu'à l'adolescence.

3) Par qui ? (père, mère, grands-parents, autre personne de la famille ou de l'entourage, enseignant...)
Père, mère, instituteur, personnel médical

je ne me rappelle pas les raisons qui poussaient ma mère à me frapper tous les jours, surtout dans mon plus jeune âge. Ma mère parfois nous obligeait à lancer des chaussures envers notre frère ou sœur qui était puni. Une fois, ma mère avec l’aide de mon père ont forcé à faire avaler du piment moulu à ma sœur. N’y arrivant pas, ils lui ont mis de la poudre très piquante sur ses yeux. Vers l'adolescence, c'était des crachats. S'il elle cassait ou ratait quelque chose, elle me culpabilisait avec un regard méprisant. C'était aussi de ma faute, si elle était malade.

Fessées déculottées au cp, coup de règles en ce2, menaces de fessées déculottées par une prof en sixième.

Je suis partie en maison de repos à 13 ans suite à des crises angoisses invalidantes. Dans cet établissement, on donnait des fessées déculottées aux petits. J’ai reçu une gifle de la part d'une aide soignante ou infirmière parce que je voulais prolonger ma sieste, je voulais être seule. Ce qui m'avait beaucoup choqué était une fille de 8 ans paraplégique qui recevait souvent des gifles parce qu'elle refusait de manger. Elle était dans l'incapacité de parler ou de pleurer.
J'ai été aussi abusée sexuellement par le kiné mais on ne m'a pas cru..Mon psychiatre à l époque me disait que je mentais parce que pour elle j'avais été amoureuse.

4) Cette ou ces personnes avaient-elles elles-mêmes subi de la violence éducative dans leur enfance ? De quel type, pour autant que vous le sachiez ?
mon père
Son père le pendait par les pieds pendant plusieurs heures (cela s'est passé en Tunisie).

5) Vous souvenez-vous de vos sentiments et de vos réactions d'alors (colère, tristesse, résignation, indifférence, sentiment d'injustice ou au contraire de l'avoir “bien mérité”...) ?
Oui, sentiment d’indifférence.
Quand je dis indifférence, c'est surtout ne pas revivre la peur, alors il fallait que je ne la ressente pas. Je me suis en quelque sorte anesthésiée.
J’avais aussi un grand sentiment de honte, une estime de soi mal en point.

6) Avez-vous subi cette(ces) épreuve(s) dans l'isolement ou avez-vous eu le soutien de quelqu'un ?
J'ai subi cette épreuve dans le silence,

7) Quelles étaient les conséquences de cette violence lorsque vous étiez enfant ?
Crises de panique, amnésie, troubles de la personnalité, internement psychiatrique.

8) Quelles en sont les conséquences maintenant que vous êtes adulte ? En particulier vis-à-vis des enfants, et notamment si vous êtes quotidiennement au contact d'enfants (les vôtres, ou professionnellement) - merci de préciser le contexte ?
Syndrome post traumatique, problème de me reconnaître face à un miroir.

J'ai 4 enfants et je ne supporte pas qu'ils me touchent si je ne suis pas prévenue, J’ai beaucoup de mal à les écouter, je suis souvent ailleurs,

9) Si vos parents ont su éviter toute violence, pouvez-vous préciser comment ils s'y sont pris ?

10) Globalement, que pensez-vous de votre éducation ?
Traumatisante

11) Viviez-vous, enfant, dans une société où la violence éducative est courante ?
oui

12) Si vous avez voyagé et pu observer des pratiques coutumières de violence à l'égard des enfants, pouvez-vous les décrire assez précisément : quel(s) type(s) de violence ? par qui ? à qui (sexe, âge, lien de parenté) ? en quelle circonstance ? pour quelles raisons ? en privé ? en public ?
Quand je passais mes vacances en Tunisie, les parents punissaient à coup de poing où à l'aide d'une savate,

13) Qu'est-ce qu'évoque pour vous l'expression « violence éducative ordinaire » ?
Punitions corporelles, ton de la voix, chantage affectifs,
Quels types de violence en font partie ? Et quelle différence faites-vous, le cas échéant, entre maltraitance et « violence éducative ordinaire » ?
Les deux peuvent faire beaucoup de dégâts quand on voit le nombre de suicidés des jeunes,

14) Avez-vous des objections aux idées développées par l'OVEO ? Lesquelles ?
Non

15) Comment nous avez-vous connus : site ? livre d'Olivier Maurel ? salon ? conférence ? autres ?
Par hasard, Je cherchais un site qui était sensibilisé à la violence éducative,

16) Ce site a-t-il modifié ou renforcé votre point de vue sur la violence éducative à l'égard des enfants ?
Oui

17) Si vous acceptez de répondre, merci de préciser sexe, âge et milieu social.
Je suis une femme au foyer reconnue handicapé à 80%, J’ai 43 ans,