C’est seulement quand se produit un changement dans l’enfance que les sociétés commencent à progresser dans des directions nouvelles imprévisibles et plus appropriées.

Lloyd de Mause, président de l'association internationale de Psychohistoire.

Soutenir une loi d’interdiction de toute violence éducative

Article de Jean-Pierre Thielland, membre de l’OVEO, paru en novembre 2016 dans le hors-série n° 10 « Education bienveillante » du magazine Grandir autrement. Reproduit avec l’autorisation du magazine. Merci de ne pas reproduire intégralement cet article, mais de le citer en mentionnant le lien de cette page et celui du site du magazine.


Soutenir une loi d’interdiction de toute violence éducative

Que le châtiment constitue un moyen de contrôle efficace est pour moi une des plus grandes illusions de la société occidentale… je le trouve totalement déplacé parce qu’il est inutile, et parce qu’il peut engendrer de l’anxiété et de la haine, deux maux bien plus grands que ceux qu’il est censé guérir…
John Bowlby1.

© Daska – Flickr.comFaut-il interdire aux parents de donner tapes, gifles et fessées à leur progéniture ? Une question qui ressurgit lorsque se pose l’éventualité de légiférer pour interdire toute violence éducative à l’égard des enfants. Le 2 juillet, l’Assemblée nationale a adopté un amendement à la loi « Égalité et citoyenneté » qui modifie le Code civil : la définition de l’autorité parentale est précisée et stipule que parmi les devoirs qui la composent figure « l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ». Cette nouvelle disposition laisse toujours planer un doute sur ce qui est réellement « interdit » ou condamné par la loi, même en l'absence de sanction pénale. En effet, on peut regretter que cette notion de « violences corporelles » n’inclue pas explicitement toute forme de châtiment corporel, y compris gifles et fessées. Et pourtant, la réalité de la violence éducative ordinaire fait partie du quotidien de nombreux enfants dans notre pays, et il semble que la prise de conscience de nos responsables politiques ne soit pas à l’unisson de cette réalité.

Une réalité incontournable

Après douze années de travail en CMPP, le constat est sans appel : tous les enfants que je rencontre disent recevoir des châtiments corporels, des punitions ou des privations diverses dans leur famille. La pratique habituelle de cette violence éducative dans le cadre familial est confirmée par les parents sans qu’ils en mesurent toujours les effets toxiques.

Ces enfants arrivent au CMPP parce qu’ils sont indisponibles, ils ne parviennent pas à apprendre, ils sont débordés par leurs émotions. Beaucoup ont perdu confiance en eux. A l’école, l’inconnu, la nouveauté, l’exploration de nouveaux savoirs déclenchent peur et angoisse. Ils tentent de se préserver en mettant à distance les apprentissages scolaires. Leur intellect est piloté par la certitude qu’ils n’y arriveront pas, qu’ils sont nuls.

Ces difficultés dans leur parcours scolaire ne doivent rien au hasard, tout petits déjà, ces enfants ont été entravés dans leur désir de découvrir le monde. Leurs expériences, leurs tentatives d’exploration, leurs prises de risques, sont considérées comme des « bêtises » ou des tentatives de braver les interdits.

Marco est au CE1, il ne réussit pas à se concentrer, il a des comportements violents à l’école et avec son plus jeune frère à la maison où il est d’usage d’utiliser les châtiments corporels. Lorsque je rencontre la mère de Marco, elle me parle du bébé qu’il était :

« Il était sage, il ne faisait pas de bêtises, il obéissait, mais il avait tout le temps besoin d’être avec quelqu’un. »

Comment comprendre cette évocation presque rassurante d’« un bébé sage, un bébé qui ne fait pas de bêtises, qui obéit » ? Qu’est-ce que cela a pu signifier pour ce bébé ?

Attentif à s’adapter aux exigences de ses parents, dès ses premiers jours de vie, il s’est certainement d’abord appliqué à ne pas « allumer » leur réprobation et leur colère.

On peut imaginer qu’il a pu évoluer dans un environnement imprévisible qui a freiné ses explorations et conduit à se défier de tous ses élans de curiosité.

Un enfant incertain quant à la disponibilité réelle de son parent, s’inscrit dans une dépendance à l’humeur de l’adulte. Il ne peut construire de confiance en soi et se montre méfiant face aux situations nouvelles de son environnement. Il sera d’une grande fragilité narcissique dans les défis à venir et particulièrement les apprentissages scolaires.

Julie est au CP, elle est convaincue de son incapacité à apprendre à lire et n’ose pas prendre le risque de se tromper en classe. À la maison, le moment des devoirs se décline régulièrement sur le mode de la violence :

« Maman elle me dispute et elle me tape, sur la joue, et les fesses, mon père c’est pareil sauf qu’il en met des plus fortes. »

Lorsque j’évoque cette situation, la mère de Julie minimise et légitime son attitude : « Elle pleure pour un rien, elle est capricieuse pour les devoirs, on n’arrive pas à avoir des bons résultats, le travail en plus c’est pour elle. »

Confrontés à la difficulté scolaire, ces enfants ne trouvent ni réassurance, ni sécurité et encouragement dans leur famille. Tenus responsables de leurs difficultés, ils sont confrontés à des propos culpabilisants et à de la violence physique. Leur estime d’eux-mêmes est durablement atteinte et fragilisée.

« Il nous provoque »

Pour certaines familles, les demandes et les besoins des enfants sont interprétés comme des tentatives de prise de pouvoir sur les adultes. Le plus souvent, la réponse apportée se situe du côté de la répression et plonge l’enfant dans un grand désarroi.

Paul est au CP, il est accompagné au CMPP par ses parents sur l’insistance de l’école qui s’inquiète de l’indisponibilité de cet enfant en classe et de sa violence dans la cour de récréation. Son père dit de son fils que « c’est une petite tête dure, il travaille quand ça l’arrange, si on le laisse faire il ne fera rien… Il nous provoque… »

Les devoirs à la maison peuvent être le théâtre de crises et de passages à l’acte. Paul n’a pas confiance en lui, à l’école il a toujours peur de se tromper. Il pense à priori qu’il ne va pas y arriver et essaye de se protéger en ne faisant pas le travail demandé. A la maison, sa mère lui fait refaire ce qu’il n’a pas fait en classe en plus de ses devoirs et cela se passe très mal.

La mère de Paul dit : « Je suis obligée de tout réexpliquer à la maison, il ne fait pas d’efforts et ne veut que jouer. Il me cherche, j’ai l’impression qu’il me nargue, alors il me pousse à bout et je lui mets une fessée, c’est tous les jours la même chose. »

Confrontés à une réponse parentale incompréhensible, les enfants, loin de se révolter, s’efforcent de préserver le lien familial et cherchent à mettre du sens à ce qu’ils vivent.

Une violence justifiée par les enfants

Les enfants essaient de comprendre l’attitude des parents, ils veulent donner de la cohérence à un système qui ne relève que de l’arbitraire. Soumis à la violence éducative, ils intériorisent l’idée que c’est parce qu’ils « font des bêtises » qu’ils sont frappés ou punis. Pour préserver l’image de leurs parents, auxquels ils sont attachés envers et contre tout, ils se disent coupables des fessées ou des gifles qu’ils reçoivent.

« … J’ai cassé l’antenne de ma voiture télécommandée, elle coûte cher, alors papa il m’a tapé avec sa main sur mes fesses. Papa il me tape sur les fesses et sur la joue, je pleure, ça fait mal, maman aussi elle me donne des fessées, c’est normal qu’ils me tapent, c’est mes parents… »

« … Je me suis fait punir par papa, je lui ai menti, j’ai un mois de privation de télé, du coup…

… je me prends des coups de cahier, c’est pas de sa faute à papa, c’est parce que je veux pas faire mes devoirs … »

Ces enfants sont confrontés à une incohérence très difficile à résoudre. Ils constatent que dans certains espaces sociaux comme l’école par exemple, la violence est interdite mais que leur environnement familial se trouve exclu de cet interdit.
Beaucoup d’entre eux cependant s’attachent à y trouver du sens.

Je vois Mathias depuis plusieurs semaines, nous avons évoqué avec lui et ses parents la question des châtiments corporels. Au cours d’une séance, je dis à Mathias que personne n’a le droit de le frapper mais que lui n’a pas non plus le droit de frapper sa sœur, il me répond très simplement :

« Je peux la taper puisque c’est ma sœur, elle est dans ma famille. »

A moins de rencontrer un témoin secourable2, ils sont des enfants qui ont perdu toute empathie à l'égard de leurs propres souffrances et peuvent devenir indifférents aux souffrances des autres.

Se forger une carapace

Les premières fondations de la personnalité du bébé sont posées par la manière dont sa mère va le toucher, le porter, le caresser. La peau est un organe d’une grande sensibilité qui assure la reconnaissance du froid, du chaud, du toucher, de la douleur. Cette première enveloppe psychique dénommée « Moi Peau » par Didier Anzieu joue un rôle essentiel dans la relation au monde.

Un enfant qui reçoit habituellement fessées ou gifles de ses parents, perçoit physiquement la douleur des coups, mais aussi une autre douleur plus intime, plus insupportable : celle de vivre une agression par ceux-là mêmes qui sont ses protecteurs et donneurs de soins. Ceux qui représentent sa base de sécurité, telle que définie par le psychanalyste John Bowlby.

Pour tenter de se protéger de cette double agression, certains enfants n’ont d’autre choix que de se forger une carapace. Serge Tisseron évoque cette capacité de l’épiderme de l’enfant à protéger le corps contre diverses formes d’agressions physiques3.

Jason est au CE1, son enseignante est alertée à la fois par ses passages à l’acte violents avec les autres enfants, et une difficulté persistante à apprendre à lire. Lors des premières rencontres, Jason évoque le comportement de ses parents et sa réaction :

« Je reçois des coups de martinet, par mon papa et ma maman, mais je fais semblant que ça fait mal, les baffes en bas sur les fesses, sur la tête, sur les cuisses, ça fait même pas mal, ça fait jamais mal, à force, je m’habitue, aussi ça fait pas mal… »

Si cette fonction psychique de protection contre les excitations trop intenses se transforme en carapace, elle empêche les fonctions d’enregistrement de tout ce qui provient de l’extérieur. Le travail de la mémoire est parasité et les apprentissages sont rendus plus difficiles4.

Maltraité/Maltraitant

Cette situation de clivage pour supporter la souffrance comporte le risque pour l’enfant de devenir potentiellement à son tour maltraitant, c’est à dire un sujet « sans états d’âme face à la souffrance d’autrui, de la même manière qu’il reste sans émotion face à la sienne5. »

Thibaut a 11 ans, il vit depuis la petite enfance sous le régime des tapes sur les mains d’abord, puis des fessées et des gifles. Il est depuis l’âge de sept ans considéré comme hyperactif et il lui a été prescrit l’incontournable « Ritaline ».

« Moi ça me fait plus mal quand mes parents y m’tapent, je rigole c’est tout… »

Il ajoute qu’il n’a jamais été triste, qu’il ne pleure pas, qu’il y a parfois effectivement des enfants qui pleurent à l’école mais qu’il ne sait pas pourquoi.

« Si tu pleures, ça peut pas t’aider, ça arrange pas les choses… »

Je lui demande qui peut consoler un enfant qui pleure, il répond :

« … Personne, consoler, surtout pas, ça va être encore plus triste il va encore avoir plus mal au cœur. »

Un enfant qu’on critique qu’on dévalorise, qu’on humilie, se doit de trouver une solution pour mettre fin à cette souffrance chronique. Comme il ne peut agir sur sa figure d’attachement, il agit sur lui-même et sur son propre fonctionnement psychique.

Il commence par protéger son vécu et son ressenti authentique en le faisant disparaître dans la clandestinité, il ne pleure plus, ne laisse apparaitre ni chagrin ni tristesse. Il ne laisse voir aux autres qu’un faux self.

Il adopte les attitudes, le discours et les pensées qui vont lui valoir d’être accepté dans son environnement habituel. Cela offre l’avantage de mettre fin à la douleur liée à la peur du rejet et de l’indifférence de ses parents.

Pour protéger son vrai self de toute intrusion, l’enfant va créer sa propre figure protectrice, dans une personnalité qui devient une personnalité invulnérable et parfois persécutrice. Il se rend invulnérable car il a besoin de se sentir ainsi pour pouvoir survivre aux agressions qu’il subit de la part de ceux qui devraient le protéger et veiller sur lui. Il peut devenir persécuteur car il enregistre tous les éléments négatifs qu’il subit pour s’en servir contre ceux qui le menacent ultérieurement. C’est une identification à l’agresseur.

Le psychanalyste John Bowlby parle d’exclusion défensive des affects6. L’enfant en détresse qui n’obtient pas le réconfort de sa figure d’attachement n’en cherche plus le rapprochement pour se rassurer. Il n’exprime plus ses émotions puisqu’il n’y a pas de réponse rassurante et il perd le contact avec sa vie affective. Pour Muriel Salmona7, l’enfant entre dans un processus de dissociation qui entraîne la disparition de son empathie naturelle.

Aider les parents

Un enfant victime de violence éducative a-t-il besoin de consulter un psy ? N’a-t-il pas d’abord besoin que la violence s’arrête ? Et pour que les fessées, gifles ou autres punitions s’arrêtent, il faut aider ses parents à ne plus en donner8.

Mais, c’est à l’enfant qu’on demande de consulter un professionnel, c’est lui qui a « des troubles du comportement ». Généralement le parent n’est reçu que pour faire le bilan du travail avec l’enfant. Ne pourrait-on plutôt envisager une aide régulière pour les parents afin de mettre en question des attitudes inappropriées et inventer avec eux d’autres habitudes éducatives ? Il faut travailler avec les parents sur cette question de la violence éducative et réfléchir avec eux à un accompagnement de leur enfant qui soit « suffisamment bon ».

Retrouver de l’empathie

Dans la plupart des cas, les parents ne demandent pas d’aide pour eux, ils n’envisagent pas la relation comme en partie responsable des difficultés de leur enfant. Ils l’amènent au CMPP afin qu’il leur soit rendu conforme à leurs attentes ou à celles de l’école.

Il faut donc s’intéresser à la difficulté de l’enfant dans le cadre de cette relation intersubjective, essayer d’en démêler et d’en comprendre les enjeux. Avec les parents, réfléchir à certains aspects de la relation qui peuvent générer des difficultés pour leur enfant. Au fil des rencontres, certains parents livrent une part de leur histoire, toujours jalonnée par une éducation violente sans par ailleurs qu’ils puissent la caractériser comme telle.

Mais les émotions explosives et les passages à l’acte dont ils font état dans la relation avec leur enfant indiquent bien que violence il y a. Une violence contenue qui explose dans les inévitables moments de tension qu’ils rencontrent avec leur enfant.

Une évolution du comportement des parents passe par une prise de conscience de la souffrance de leur enfant dans cette relation dominée par le rapport de force. Par une écoute empathique, il est possible de les aider à reprendre un contact émotionnel avec l’enfant qu’ils ont été. Il est important qu’ils entendent du professionnel que pas une des claques ou des châtiments qu’ils ont reçus n’étaient justifiés. Ce parti pris, sans ambiguïté aux côtés de l’enfant blessé qu’ils ont été, peut leur permettre de renouer avec cette empathie perdue dans le tumulte de leur histoire.

C’est une première mise en échec de la reproduction de la violence qu’ils ont eux-mêmes subie. Et c’est un premier pas vers une relation plus attentive aux besoins de leur enfant où chacun doit pouvoir y retrouver du sens, dans le respect des places et des générations.

C’est un changement de regard qu’il faut favoriser. L'enfant n’est plus considéré comme un être qui teste les limites et cherche à prendre le pouvoir. Ses sollicitations et ses explorations sont regardées comme des tentatives pour découvrir le monde et le parent peut y occuper la place d’accompagnant sécure.
C’est un travail qui demande un engagement de la part des parents mais aussi une approche des professionnels qui reste aujourd’hui très marginale et peu explorée.

Une autre difficulté est à surmonter : celle provenant des politiques de l’enfance en France.

La société ne protège pas les enfants

Notre société est très tolérante avec la violence éducative ordinaire et elle en minimise largement les effets. De manière générale on n’est pas très regardant sur la manière dont on traite les enfants dans les familles et la tendance est plutôt de souligner les difficultés rencontrées par les parents. La France est le pays où la violence éducative est le plus minimisée. C’est ainsi que 56 % seulement des Français assimilent une « fessée » à la notion de violence9.

Les enquêtes disponibles sont formelles : en France, en toute légalité, on bat, on punit, on humilie les enfants10. Cette réalité largement ignorée par les responsables politiques et par les professionnels de l’enfance ne suscite aucun travail sérieux pour en comprendre les causes, en évaluer les effets et pouvoir agir sur ce fléau.

On ne protège pas les enfants et nos responsables politiques les abandonnent lorsqu’ils refusent de légiférer clairement contre toute forme de violence éducative. Une loi qui interdirait toute violence à l’encontre des enfants où qu’ils se trouvent constituerait un vrai point d’appui. Non pour culpabiliser les parents, mais pour les aider concrètement à trouver des alternatives à la violence. Ainsi pourrait-on commencer à mettre en œuvre une grande politique de prévention et de sensibilisation à une éducation respectueuse de l’enfant comme cela a été fait en Suède il y a plus de trente-cinq ans maintenant.

En 2007, une étude comparative européenne sur les répercussions d’une interdiction des châtiments corporels a été menée en Suède, en Autriche, en Allemagne, en Espagne et en France, 5 000 parents ont été consultés d’octobre à décembre 2007 dans le cadre d’une entrevue, à un questionnaire standardisé relatif à leur comportement éducatif. Alors que 14,1 % des parents suédois ont déclaré donner de « petites gifles », ce taux atteignait 54,6 % en Espagne et 71,5 % en France, deux pays qui n’ont pas légiféré contre la violence éducative11.

La responsabilité des professionnels de l’enfance

Les professionnels de l’enfance, celles et ceux qui reçoivent les enfants et leurs parents ont une grande responsabilité. La grande majorité s’intéresse peu à la violence éducative ou alors en minimise les effets. Certains même justifient les fessées ou les punitions, comme en témoigne le livre d’Olivier Maurel La Violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines12.

Toute évolution vers un accompagnement bienveillant des enfants ne pourra se faire tant que l’impact réel de la violence éducative ordinaire ne sera pas identifié et reconnu.

Au moment où en France, des parlementaires tentent de faire inscrire dans la loi, l’interdiction de toute violence éducative, il est urgent que les professionnels de l’enfance s’associent à cet effort et apportent un soutien actif à cette initiative13).

Nous devons apporter toute notre attention à ce qui se déroule dans l’environnement de l’enfant notamment en matière de violence éducative habituelle.

Il faut donner la priorité à ce travail de prise de conscience par les parents, des effets délétères de la violence éducative et mobiliser tout notre savoir-faire pour construire avec eux le chemin de la bientraitance avec leurs enfants.

Jean-Pierre Thielland
Psychopédagogue en CMPP
Chalon-sur-Saône

  1. John Bowlby, Amour et rupture : les destins du lien affectif, Albin Michel, 2014, p. 40. []
  2. Personne qui va pouvoir intervenir auprès de l’enfant pour éviter la répétition de la violence. Ce peut être un frère ou une sœur, ou un enseignant. Le témoin éclairé « va faire confiance à l’enfant, ne va pas chercher à le manipuler sous prétexte de l'éduquer et va lui communiquer le sentiment qu'il n'est pas méchant ». Alice Miller, Notre corps ne ment jamais, Flammarion, 2004, p. 201. []
  3. Serge Tisseron, Comment Hitchcock m’a guéri, Hachette Littérature, 2001, page 114. []
  4. Id. []
  5. Ibid., p. 101. []
  6. Pillet V., ‟La théorie de l’attachement : pour le meilleur et pour le pire”, Dialogue 2007/1, n° 175, p. 7-1. []
  7. Muriel Salmona, ‟L’impact psychotraumatique de la violence sur les enfants : la mémoire traumatique à l’œuvre”, in La Revue de santé scolaire & universitaire, dossier Protection de l’enfance, n° 19, janvier-février 2013, p. 21-25. []
  8. Nathalie Tarquis, ‟Qui protège-t-on ?”, Le Journal des psychologues, juillet/août 2004. []
  9. Kai-D. Bussmann et al., ‟Impact en Europe de l'interdiction des châtiments corporels”, Déviance et Société 2012/1 (Vol. 36), p. 85-106. DOI 10.3917/ds.361.0085. []
  10. L’enquête de l’Union des familles en Europe réalisée en 2006/2007 indiquait que 87 % des parents reconnaissaient donner des fessées. TNS/Sofres, en novembre 2009, relevait que 67 % des Français déclaraient donner des fessées à leurs enfants. Dans ce même sondage, 82 % des sondés se disaient hostiles à une loi interdisant la violence éducative (17 % des sondés y étaient favorables). []
  11. Kai-D. Bussmann et al., ‟Impact en Europe de l'interdiction des châtiments corporels”, Déviance et Société 2012/1 (Vol. 36), p. 85-106. DOI 10.3917/ds.361.0085. []
  12. Olivier Maurel, La Violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines, éditions L’Instant présent, 2012. []
  13. 88 % des professionnels de santé se déclarent opposés à l'adoption d'une loi interdisant la fessée, selon un sondage du Journal international de médecine auquel ont répondu 460 personnes, entre le 31 mai et le 8 juin 2010 (Le Point, 10/06/2010. []