C’est seulement quand se produit un changement dans l’enfance que les sociétés commencent à progresser dans des directions nouvelles imprévisibles et plus appropriées.

Lloyd de Mause, président de l'association internationale de Psychohistoire.

Pétition : Interdire toute forme d’éducation violente

La pétition Interdire toute forme d'éducation violente a été mise en ligne sur le site cyber@cteurs dans le cadre de l'initiative du 20 novembre 2010. Elle est maintenant clôturée.


Interdire toute forme d'éducation violente

Les enfants sont aujourd'hui, dans presque tous les pays, la seule catégorie d'êtres humains qu'il soit permis de frapper légalement, alors qu'ils sont les plus vulnérables. Il est en effet couramment admis, voire recommandé, de donner aux enfants des fessées, gifles et autres punitions douloureuses et humiliantes.

Les conséquences de ces traitements subis à l'âge où le cerveau des enfants est en plein développement ne sont jamais anodines, notamment parce que les enfants apprennent ainsi qu'il est normal de régler les conflits par la force ou par la violence psychologique (menace, humiliations, manipulation...).

Depuis une cinquantaine d'années, un grand nombre d'études, en particulier sur l'effet des châtiments corporels, ont montré de façon indubitable que la violence éducative a des conséquences graves, et qui peuvent durer toute une vie, sur la santé physique et mentale des individus et sur les relations sociales :

  • dépression et maladies diverses, effets aggravés par le fait que la violence éducative n'est pas prise en compte dans la formation des médecins et autres professionnels censés les soigner ou, mieux, les prévenir,
  • parce que la violence éducative ordinaire n'est pas considérée comme un problème en soi, elle rend possibles et encourage, tant par ses effets directs sur les individus que par le niveau de tolérance à la violence qu'elle engendre dans la société, d'autres formes de violence qui, elles, sont considérées comme graves : "maltraitance", violences conjugales, agressions sexuelles, délinquance...

Il est grand temps que toute forme de violence envers les enfants soit interdite, comme le demandent le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies, l'Organisation mondiale de la santé et le Conseil de l'Europe, et comme le gouvernement français s'y est engagé en signant et ratifiant il y a maintenant vingt ans la Convention des droits de l'enfant.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons la proposition de loi visant à abolir toutes formes de violences physiques et psychologiques infligées aux enfants, dont l'article premier est le suivant : « Les titulaires de l'autorité parentale et les personnes qui s'occupent d'enfants mineurs n'ont pas le droit d'user de violences physiques, d'infliger des souffrances morales ni de recourir à aucune autre forme d'humiliation de l'enfant. »

Les signataires :

  • soutiennent la proposition de loi n° 2971 visant à abolir toutes formes de violences physiques et psychologiques infligées aux enfants, et appellent les parlementaires et le gouvernement à mettre à l'ordre du jour de leurs débats cette proposition de loi ;
  • appellent les responsables et militants politiques de tous bords sensibles à cette question à avoir le courage de soutenir publiquement la nécessité d'une telle loi, et, comme cela s'est fait dans d'autres pays, à dépasser leurs divergences d'opinion pour prendre le parti des enfants ;
  • demandent au gouvernement de mettre en place une vraie politique familiale avec des campagnes nationales d'information sur la violence éducative et la mise en œuvre de moyens pour le soutien à la parentalité non violente.